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 Folklore judiciaire autour de la mort de l'ourse Cannelle

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مُساهمةموضوع: Folklore judiciaire autour de la mort de l'ourse Cannelle   الخميس مارس 13, 2008 1:06 pm

Folklore judiciaire autour de la mort de l'ourse Cannelle


Le chasseur, qui a toujours plaidé la légitime défense, est jugé depuis mercredi à Pau.

Les pleurs de l'orphelin avaient déchiré la vallée d'Aspe. Sa mère ne venait-elle pas d'être abattue sous ses yeux ? Le corps avait été héliporté pour être autopsié à Toulouse. Deux jours plus tard, le chef de l'État déplorait, en Conseil des ministres, cette «perte grave pour la France et pour l'Europe » . C'était en novembre 2004. L'ourse Cannelle avait été tuée par un chasseur.

Le procès s'est ouvert mercredi à Pau, pour trois jours, à l'issue d'une procédure d'une remarquable exhaustivité, depuis la reconstitution jusqu'à l'arrêt de la Cour de cassation. Seize témoins, trois experts (légiste, balisticien, spécialiste des résidus de tir), vingt et une parties civiles. Peine encourue par René Marquèze, 65 ans : six mois de prison et 9 000 euros d'amende pour violation du Code de l'environnement. Car nous sommes en correctionnelle. Le tribunal est composé d'un juge unique. La victime est désignée par son seul prénom, Cannelle, et ses mensurations : 1,70 m debout, 95 kg. C'était un ours femelle. Le dernier représentant de la race locale, un fier plantigrade béarnais non importé de Slovénie.

«En plus de vingt ans de magistrature, souligne la présidente Frédérique Loubet-Porterie, je n'ai jamais vu un tel déchaînement, même pour des crimes commis sur des enfants.» Le prévenu, destinataire de menaces anonymes ininterrompues, avait bénéficié du non-lieu requis par le procureur Erick Maurel qui, demain, prononcera le réquisitoire, mais des parties civiles avaient interjeté appel et convaincu la chambre de l'instruction alors que l'opinion publique était chauffée à blanc. Les Verts ne dénonçaient-ils pas un «assassinat», bien que l'instruction ait écarté toute préméditation ? Saisie, la juridiction suprême confirmera in fine le renvoi de M. Marquèze devant ces assises du pauvre.

Le voici au micro, cheveu gris fer, sourcil noir, accent chantant. Il raconte comment, selon lui, la battue au sanglier a tourné «de façon dramatique», pour reprendre les mots de la présidente. Il reconnaît avoir ouvert le feu, mais affirme avoir agi en «état de nécessité», autrement dit en légitime défense. Avec des mots simples, souvent ému, il jure «sur la tête de [ses] petits-enfants» que si ses cinq compagnons et lui-même, chasseurs chevronnés, avaient choisi cette zone pour traquer le sanglier, c'est parce qu'ils étaient «certains» de ne pas y rencontrer Cannelle et son ourson, signalés dans les parages : de mémoire d'ancien, aucun ours n'avait jamais été vu dans les bois du Rouglan, entre le village d'Urdos et le col du Bendous.

«J'ai cru que ma vie était finie»

Ce jour-là, pourtant, Cannelle, qui s'en est déjà pris à un autre chasseur, surgit face à René Marquèze : «Je recule vers le ravin. Elle fait clap-clap avec sa gueule. C'est là que je tombe, j'ai cru que ma vie était finie. Quatre ronces m'ont retenu. » Pendant de longues minutes, il patiente sur un rebord rocheux (l'enquête confirme cette chute qui aurait pu être fatale). Au-dessus de lui, Cannelle veille au grain : «J'avais l'impression qu'elle me gardait », relate le prévenu. Croyant la bête partie, il regagne le chemin, un couloir escarpé. Et Cannelle dégringole du sommet. «Elle a fait trois bonds, j'ai entendu boum-boum-boum, je me suis retourné et j'ai tiré, fusil à hauteur de la hanche, déclare le chasseur. C'est triste, mais c'était elle ou moi. » La partie civile, constituée d'associations de défense des animaux à la notoriété inégale, bombarde le prévenu de questions. Son but : faire apparaître Cannelle comme une sorte de gros toutou affectueux «du genre danois», abattu par un viandard au cœur sec.

Le premier témoin est appelé. Bernard Claverie, cousin de Francis, qui participait aussi à la battue, est à l'éloquence ce que la palette d'Yves Klein fut à l'arc-en-ciel : minimaliste. Le quasi-muet sera cependant questionné pendant une heure et demie ! À 17 heures, il reste quinze personnes à entendre…

La justice a engagé les grands moyens pour élucider la mort d'un ours. Soit. Ne manque dans le prétoire que l'orphelin qui, apprend-on hors audience, vit sa vie dans les montagnes. La partie civile l'appelle pudiquement «l'ourson », sans révéler son nom, sans doute parce qu'il est mineur.
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