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 Polmique sur l'importance du satanisme en France

         
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: 21/02/2008

: Polmique sur l'importance du satanisme en France    17, 2008 4:55 pm

Polmique sur l'importance du satanisme en
France

Le satanisme inquite la Mission interministrielle de vigilance et de lutte contre les drives sectaires (Miviludes), rcemment mise sur la sellette par le ministre de l'intrieur et la directrice de cabinet du prsident de la Rpublique, Emmanuelle Mignon, pour ses mthodes de travail.

Dans un document de travail prparatoire au rapport annuel de la Mission, qui doit tre remis au premier ministre dbut avril, les auteurs font tat de "chiffres inquitants", valuant "25 000 personnes, dont 80 % se situent dans la tranche d'ge des moins de 21 ans, le nombre d'adeptes de la mouvance satanique, toutes branches et chapelles confondues".

La Miviludes reconnat qu'il est "dlicat d'identifier le nombre de groupes structurs" et se base, pour ses conclusions, sur les rapports des renseignements gnraux et des recherches sur les sites Internet. Soulignant que "les drives sataniques inquitent le grand public", la Mission relve aussi que 92 cas de profanations de cimetires " caractre satanique" ont t enregistrs en 2007, soit "une augmentation de 300 % sur les trois dernires annes". L'an dernier, des vagues de profanations ont touch la Bretagne, la Marne et le centre-ville de Toulouse.

Ces pratiques s'accompagnent, selon la Miviludes, d'une "augmentation des suicides chez les jeunes", "de conduites dviantes (scarifications), d'incitation la haine raciale, de commission d'actes de barbarie, notamment l'gard d'animaux".

En avril 2006, le prsident de la Miviludes, Jean-Michel Roulet, assurait, dans un entretien au magazine L'Express, que "5 % des suicides recenss annuellement chez les jeunes de moins de 25 ans, soit une centaine, sont lis au satanisme". Huit mois plus tard, le rapport 2006 de la Miviludes ne relevait pourtant aucun suicide connect cette mouvance. Le pr-rapport rappelle qu'un seul homicide li au satanisme a t recens, ce jour, en France.

Que valent alors ces accents alarmistes autour de "croyance" ou de "pratiques", dont les fondements - Satan, le Diable ou Lucifer - sont fortement inscrits dans l'imaginaire populaire ? Pour Olivier Bobineau, membre du groupe Socits, religions, lacits du CNRS, un temps associ aux travaux de la Miviludes, les chiffres avancs par la Mission sont "absurdes". "Le satanisme est un non-problme et ne reprsente aucun danger", assure le chercheur, qui vient de diriger un ouvrage collectif Le
Le Satanisme, quel danger pour la socit ?, paratre le 19 mars chez Pygmalion.

"Pour parvenir au chiffre de 25 000 adeptes, la Miviludes semble confondre les amateurs de musique black metal ou gothic et les satanistes. Or qu'est-ce qu'un fidle sataniste ? C'est quelqu'un qui connat la doctrine satanique - qui, contrairement ce que l'on croit, ne valorise par le Diable ou Satan mais l'gocentrisme libertaire, la dfiance, la rbellion face Dieu -, quelqu'un qui pratique un culte mettant en scne symboles, gestes et paroles, qui appartient un groupe organis, y compris sur Internet, et qui se dclare sataniste, note M. Bobineau. En France, ces quatre critres sont remplis par une centaine de personnes, parmi lesquelles seule une dizaine sont affilies des organisations internationales telles que l'Eglise de Satan ou le Temple de Set."

M. Bobineau conteste aussi le lien tabli par le prrapport de la Miviludes entre les profanations de cimetires ou d'glises et le culte satanique. "Les crimes commis sont en gnral le fait de jeunes nonazis, de cas sociaux ou pathologiques, anims par un sentiment profond de haine l'gard de la socit et de la religion", insiste M. Bobineau.

Le chercheur reconnat en revanche la pratique du "braconnage satanique". Ce terme recouvre les "ttonnements identitaires" pratiqus par les adolescents "en phase de construction", qui pensent trouver dans cette "contre-culture" des "repres en opposition la socit" : "Aujourd'hui, dans le dispositif global de repres et de balises, il y a le satanisme, qui relve d'un imaginaire omniprsent et de plus en plus accessible : groupes de musique, jeux vido, sries tlvises, publicits de grandes marques. Certains jeunes un moment donn y trouvent un sens."

Selon le chercheur, la vigilance des autorits doit se porter "sur les individus qui dveloppent des thses fascisantes et qui tchent de confisquer la figure millnaire de Satan". En 2006, la Miviludes a publi sur le sujet Les Drives sataniques, guide pratique de l'enquteur, un livret destin aux services de justice, de police et de gendarmerie
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