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 La nouvelle provocation de Michel Fourniret

         
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: 19/01/2008

: La nouvelle provocation de Michel Fourniret    04, 2008 1:53 pm

La nouvelle provocation de Michel Fourniret

Le meurtrier prsum, qui refuse de s'exprimer faute de huis clos, propose de coucher par crit ses rponses aux questions des familles des victimes.
La cour d'assises des Ardennes a achev, ce jeudi, l'examen des circonstances dans lesquelles Isabelle Laville, 17 ans, a t enleve, viole puis tue par Michel Fourniret, avec la complicit active de Monique Olivier -c'est ce que soutient l'accusation, forte des aveux circonstancis du couple recueillis pendant l'instruction. Au terme d'une semaine de dbats particulirement pnibles, marqus, mercredi, par les dclarations bouleversantes des parents d'Isabelle, la pression s'accentue sur les deux accuss.

Monique Olivier a choisi de jouer la carte de la participation. Elle surjoue le rle de simplette tremblotante qu'elle s'est elle-mme assign. Elle feint de ne pas bien comprendre les questions qui lui sont poses, mais garde la mmoire prcise de ses rponses, ce qui lui permet souvent de rtorquer schement, aux parties civiles ou au ministre public, un Ce n'est pas ce que j'ai dit qu'elle voudrait sans appel. On l'a galement vue se rasseoir en coupant, exaspre, son micro, aprs s'tre plainte d'tre seule sur la sellette et suggr qu'on interroge aussi son mari.

Fermement dfendue, en particulier par Me Richard Delgenes, Monique Olivier s'est lance dans un numro d'quilibriste, avanant sur la ligne floue de ses dclarations. Comme elle finit rarement ses phrases et qu'elle diminue peu peu le volume sonore de sa parole, le prsident Latapie, mercredi, en tait rduit faire les questions et les rponses. Ce qui arrange bien l'intresse, laquelle attend qu'on lui souffle le rcit des actes qu'elle a commis avec M. Fourniret. Au final, dans ses dclarations aux assises, il y a 70% de prsident et 30% de Monique Olivier.

Les procs-verbaux n'en apparaissent que plus accablants son gard. Il ressort de ces innombrables feuillets paraphs par l'accuse, qu'elle savait qu'Isabelle serait viole puis assassine ; qu'elle l'a enleve, seule, avant que Michel Fourniret ne les rejoigne ; qu'elle a administr la proie du couple un ou plusieurs comprims de Rohypnol, puissant somnifre destin, selon un expert toxicologue, instaurer une soumission chimique ; qu'elle a redonn de la vigueur son compagnon au moment o il peinait passer l'acte ; qu'elle l'a accompagn pour dissimuler le corps de l'adolescente dans un puits profond de plus de trente mtres, d'o il ne sera exhum qu'en 2006.

Michel Fourniret, lui, lutte de toutes ses forces pour ne pas rpondre aux questions qui lui sont poses, soumettant sa participation aux dbats l'instauration du huis clos. Mais il lui est bien difficile de se contenter d'un second rle et de se voir clipser par une comparse certes bredouillante, mais, dans une certaine mesure, loquace.

Jean-Pierre Laville, le pre d'Isabelle, l'a d'ailleurs remercie d'avoir rpondu aux questions.

Me Didier Seban, partie civile, tente une fois encore, ce jeudi, de flchir l'Ardennais, qui rtorque : Comme vous le savez, j'ai pris la dcision de ne pas rpondre dans le cadre d'un procs public. J'ai inform mes conseils de la possibilit de mettre par crit mes observations pour que les familles aient ces informations. Je me propose donc de rpondre en diffr, par crit, votre question .

Dans le cadre d'une procdure orale et contradictoire, le recours aux crits confidentiels est, naturellement, hors de propos. La famille Laville, par la voix de Me Alain Behr, rejette fermement cette entourloupe. Puis, l'avocat, se met aiguillonner l'accus : On a l'impression que vous avez peur du dbat, que vous vous sentez plus faible que Monique Olivier, peut-tre parce qu'elle est, d'aprs les psychologues, plus intelligente que vous. Pourquoi ce sentiment d'infriorit ? Michel Fourniret, pas si sot : Je rends honneur (sic) votre art consomm de l'asticotage, Me Behr. Si j'tais avocat, j'envierais vos qualits .

L'avocat gnral prend le relais. Car mine de rien, Michel Fourniret s'enivre vite de sa propre parole : peut-tre le temps est-il venu de l'attirer sur le terrain du dossier. Francis Nachbar pointe, pour commencer, une erreur grossire de chronologie dans un procs-verbal, destine, selon lui, pargner Monique Olivier en la prsentant comme une spectatrice passive et impuissante . Mais sur ce point, l'accus botte en touche : Je n'ai pas le privilge des erreurs grossires. Je connais un procureur assez redondant en la matire .

Le magistrat relve peine l'impertinence et enchane : Lorsque vous avez port le corps inanim d'Isabelle, avez-vous ressenti une sensation physique ? -l'accus l'avait admis face aux policiers.

Michel Fourniret : Disons que je ne rpondrai pas dans le cadre du procs d'aujourd'hui. Mais, dans un sens gnral, il s'agit l d'une interprtation. L'rection est un phnomne qui a lieu dans des circonstances particulires, une raction physiologique par rapport un stimulus psychologique. Il peut y avoir d'autres stimuli. On peut ressentir une motion face une personne vulnrable .

L'avocat gnral : Avez-vous eu une rection en transportant la jeune fille ? L'accus : J'aimerais pouvoir vous rpondre oui ou non. On pourrait y revenir plus en dtail dans le cadre d'un huis clos... Mais non : c'est grotesque de supposer une telle chose .

Et voil : sans s'en rendre compte, Michel Fourniret a, pour la premire fois, rpondu une question. Peu importe qu'il ait menti : il en a le droit.

    
http://www.tahalabidi-avocat.fr.gd
 
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