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 La justice franaise enqute t-elle sur le patrimoine des prsidents africains

         
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: 19/01/2008

: La justice franaise enqute t-elle sur le patrimoine des prsidents africains    08, 2009 5:06 pm

La justice franaise enqute t-elle sur le patrimoine des prsidents africains


Bongo, Sassou-Nguesso, Obiang: ces trois chefs d'Etat africains possdent-ils en France des "biens mal acquis"? Ont-ils dtourn des fonds publics pour y acheter proprits et voitures de luxe? A Paris, la justice doit bientt se prononcer sur les suites donner la plainte dpose contre le trio. Un dossier explosif pour ces pays ptroliers.

BMA. Trois lettres qui fchent. BMA pour "Biens mal acquis". La suite est proverbiale - "ne profitent jamais..." - et vise trois dirigeants africains suspects d'avoir dtourn des fonds publics pour acqurir des dizaines de logements et de vhicules de luxe en France: Omar Bongo Ondimba (Gabon), Denis Sassou-Nguesso (Congo-Brazzaville) et Teodoro Obiang Nguema Mbasogo (Guine quatoriale).

L'inventaire des biens en question est si long qu'il ferait plir d'envie nombre d'agents immobiliers et de concessionnaires automobiles.

Quant la liste des bnficiaires, elle confine au Who's Who ouest-africain: outre les prsidents dj cits, il y a l des pouses, des filles, des fils, des neveux, des gendres de prsidents... Bref, un aropage assez relev pour affoler le Quai d'Orsay, mobiliser l'Elyse et irriter le trio incrimin, press que la justice franaise mette un terme cette procdure largement mdiatise.
La dcision ne tardera pas: la juge d'instruction parisienne Franoise Desset se prononcera, dbut mars, sur les suites donner la plainte dpose, Paris, en dcembre 2008, pour "recel de dtournement de fonds publics, blanchiment, abus de bien social, abus de confiance et complicits".

Si la juge estime cette plainte irrecevable, l'affaire entrera dans un tunnel procdural l'issue incertaine. Si, au contraire, elle la considre comme recevable, ce sera un premier pas - hautement symbolique - vers une enqute approfondie, confie un magistrat instructeur, afin de connatre l'origine de l'argent dbours en France.

Au Gabon comme au Congo-Brazzaville, les deux pays les plus touchs par le soupon, une telle dcision serait perue comme un geste de dfiance. Pour en convaincre Paris, les prsidents viss multiplient les avertissements, plus ou moins voils. Et apprcient sans doute sa juste valeur la concidence d'actualit que constitue l'"affaire Kouchner".

Pour mesurer l'ampleur du scandale BMA, il faut revenir en mars 2007 et au dpt, Paris, d'une premire plainte. Sont alors viss les trois chefs d'Etat dj cits, mais aussi le Burkinab Blaise Compaor et l'Angolais Jos Eduardo Dos Santos. Les poursuites manent de trois associations: la Fdration des Congolais de la diaspora, Survie et Sherpa, un groupement de juristes. Leur dmarche s'appuie en partie sur un rapport du Comit catholique contre la faim et pour le dveloppement (CCFD), intitul "Biens mal acquis... profitent trop souvent".
Fort de ces lments, le parquet demande l'Office central pour la rpression de la grande dlinquance financire (OCRGDF) d'enquter. Les policiers dressent la liste des prsidents et de leurs proches, recensent les adresses franaises, les comptes bancaires, les voitures, et constituent ainsi un dossier d'une extrme richesse, au propre et au figur.

Les appartements se comptent par dizaines, dans la capitale, en proche banlieue et dans le Sud. Avec une mention spciale, toutefois, pour le clan Bongo. En septembre 2007, quand l'OCRGDF fait le bilan de ses recherches, le prsident gabonais et son entourage arrivent largement en tte, avec 39 proprits. Trois appartements avenue Foch (XVIe)? Bongo. Un sept-pices boulevard Lannes (XVIe)? Bongo. 219 mtres carrs rue Laurent-Pichat (XVIe), 284 mtres carrs avenue Rapp (VIIe), 125 mtres carrs et 13 garages Aix-en-Provence? Bongo, Bongo, Bongo...

Le joyau de l'inventaire: un htel particulier de 19 millions d'euros

Sans oublier une proprit nioise comprenant deux maisons, trois appartements et une piscine. Le joyau de l'inventaire reste toutefois un htel particulier (actuellement en travaux) situ rue de la Baume, Paris (VIIIe). Sa valeur en juin 2007? Prs de 19 millions d'euros. Il a t acquis par une socit civile immobilire (SCI) dont trois porteurs de parts sont l'pouse d'Omar Bongo et deux de ses enfants mineurs.
    
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