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 INTRODUCTION A LA SCIENCE POLITIQUE Prof. C. Mironesco

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ãõÓÇåãÉãæÖæÚ: INTRODUCTION A LA SCIENCE POLITIQUE Prof. C. Mironesco   ÇáÓÈÊ äæÝãÈÑ 28, 2009 6:32 pm

INTRODUCTION A LA SCIENCE POLITIQUE Prof. C. Mironesco



SOMMAIRE

1.INTRODUCTION A LA SCIENCE POLITIQUE 9
1.1 L'OBJET DE LA SCIENCE POLITIQUE 9
1.2 POLITIQUE ET SCIENCE HUMAINES 10
A. SCIENCES HUMAINES VS. SCIENCES NATURELLES 10
B. SCIENCES SOCIALES VS. SCIENCES PSYCHOLOGIQUES 11
C. SCIENCE POLITIQUE VS. SCIENCE SOCIALE 11

2.LES APPROCHES 13
2.0 LES PRECURSEURS 13
A. LES ATHENIENS 13
B. LA RENAISSANCE 15
2.1 LES APPROCHES DU POUVOIR POLITIQUE 20
A. L’APPROCHE MARXISTE 20
B. L'APPROCHE ELITISTE 22
C. L'APPROCHE PLURALISTE 23
2.2 LES APPROCHES GLOBALISANTES: SYSTEMISME ET FONCTIONNALISME 24
A. LE SYSTEMISME 25
B. LE FONCTIONNALISME 28
2.3 L'EXPLIQUATION ET LA COMPREHENSION 29
A. EMILE DURCKHEIM 30
B. L'EXPLICATION 30
C. MAX WEBER: LA COMPREHENSION 32

3.SOCIALISATION ET COMPORTEMENTS POLITIQUES 35
3.1 COMMENTAIRES GENERAUX 35
3.2 PSYCHOLOGIE ET POLITIQUE 35
A. APPORTS THEORIQUES 35
B. PERSONNALITE, ATTITUDES ET OPINIONS 37
3.3 PROCESSUS DE SOCIALISATION 39
A. AGENTS PRINCIPAUX: LA FAMILLE ET L'ECOLE 39
B. LES CONSERVATEURS ET LES NOVATEURS 39
C. LA CONSTRUCTION SOCIALE DE LA REALITE 41
3.4 LES COMPORTEMENTS POLITIQUES 42
A. LA PARTICIPATION 42
B. LE COMPORTEMENT ELECTORAL 43
C. AGGRESSION ET REVOLUTION 45

4.CONSTITUTIONS ET INSTITUTIONS 47
4.1 INTRODUCTION 47
A. LES INSTITUTIONS 47
B. LA CONSTITUTION 47
C. LA SEPARATION DES POUVOIRS 47
4.2 L'EXEMPLE DES ETAS-UNIS 48
A. LA GENESE DE LA CONSTITUTION AMERICAINE 48
B. LES TROIS POUVOIRS 49
4.3 LA COMMUNAUTE EUROPEENNE 53
A. GENESE 53
B. ELARGISSEMENT 55
4.4 LE POUVOIR LEGISLATIF DE L’UE: LE PARLEMENT 56
4.5 POUVOIRS EXECUTIFS DE L’UE : CONSEILS ET COMMISSION 58
A. LES CONSEILS 58
B. LA COMMISSION 59
4.6 LE POUVOIR JUDICIAIRE DE L’UE : LA COUR DE JUSTICE 60

5.LES ACTEURS 62
5.1 L'ACTION COLLECTIVE 62
A. ROBERTO MICHELS (italo-allemand, début 20e) 62
B. MANCUR OLSON 64
C. HIRSCHMAN 65
5.2 LES PARTIS 66
A. ORIGINE ET DEFINITION 66
B. LA FONCTION DES PARTIS 68
C. LES TYPES DE PARTI 69
D. LES TYPES DE SYSTEME DE PARTIS 69
5.3 LES GROUPES DE PRESSION 70
5.4 LA COMMUNICATION 70
A. L'APPROCHE BEHAVIORISTE 71
B. L'APPROCHE SYSTEMIQUE 72
C. L'APPROCHE INTERACTIONNISTE 73
D. L'APPROCHE DIALOGIQUE 73

6.CONCLUSION 74


REFERENCES DU COURS


Sources:
Notes du cours.
Séminaire.
Fascicule et plan du cours (chez "Trajets", 15 av. Henri Dunand)


Assistant:


1. Bibliographie:

BAUDOIN: Introduction à la sociologie politique, Seuil.
Introduction à la science politique, Dalloz.
BERTHELOT: La construction de la sociologie, PUF, QSJ2602.
LAZAR: Que sais-je "science de la communication".


Internet: [äÏÚæß ááÊÓÌíá Ýí ÇáãäÊÏì Ãæ ÇáÊÚÑíÝ ÈäÝÓß áãÚÇíäÉ åÐÇ ÇáÑÇÈØ]




PLAN D'ETUDE ET INTRODUCTION

1. INTRODUCTION A LA SCIENCE POLITIQUE

1.0 OBJET DE LA SCIENCE POLITIQUE

Une présentation de la science politique en tant qu'étude des relations de pouvoir entre les humains ou les Etats. La science politique n'est pas une science exacte, il faut prendre en compte des valeurs immatérielles. Mais néanmoins, on suit une méthodologie en expliquant des événements ponctuels. L'étude historique est aussi très importante, on choisit certaines explications en fonction des périodes, des écrits d'auteurs, ou des nombreuses théories, souvent contradictoires, qui furent créée pour expliquer la politique.

1.1 POLITIQUE ET SCIENCES HUMAINES

Nous verrons trois sujets dans ce chapitre:
Les auteurs; pourquoi sont-ils restés dans l'histoire.
Rétrospective de la politique.
Naissance et évolution de la politique.


2. LES APPROCHES

Un regard sur les démarches et les contrastes entre elles et leurs conclusions.

2.1 LES PRECURSEURS

Rétrospective des grandes figures préfigurant la science politique.

2.2 MARXISME, ELITISME ET PLURALISME

Etude des différences entre ces doctrines, qui traitent toutes du pouvoir, sur le plan de l'économie, des idéologies et des mouvements de valeurs et de masses.


2.3 LES APPROCHES "GLOBALISANTES"

Approche du fonctionnement de l'Etat comme un tout, un ensemble. On distingue deux courants principaux:

Le systémisme, qui voit l'Etat comme un ensemble interdépendant d'individus indépendants.
Le fonctionnalisme, pour qui l'Etat est un ensemble d'individus ou de groupe remplissant une fonction propre.

2.4 OPPOSITION DE L'EXPLIQUATION A LA COMPREHENSION

Nous abordons ici deux auteurs qui s'opposent:

Emile Durckheim et les règles de la méthode, recherche d'une imitation du modèle scientifique.
Max Weber et l'idéaltype ,qui exprime la volonté de définir la science politique comme une discipline propre.


3. SOCIALISATION ET COMPORTEMENTS POLITIQUES

3.1 LA PSYCHOLOGIE

Une analyse des comportements humains et collectifs, ainsi que du rôle de la psychologie dans la science politique.

3.2 LA SOCIALISATION

Etude des processus de socialisation, nous abordons les deux thèmes suivants:

Le citoyen et son parcours.
La Communauté et son rôle.

3.3 LES COMPORTEMENTS POLITIQUE

Des votations, de l'influence et des raisons des choix que font les citoyens.


4. LES INSTITUTIONS POLITIQUES

C'est de loin le plus important sujet du cours.

4.1 INTRODUCTION

Regard sur le 18e siècle, sur les théories et les applications.

4.2 L'EXEMPLE DES ETATS-UNIS

Comment des idées européennes à l'origine purent trouver un terrain fertile pour se développer.

4.3 L'EXEMPLE DE LA COMMUNAUTE EUROPEENE

Montée d'un pôle de pouvoir en Europe, nouvelle influence du Vieux continent au niveau mondial.


5. LES PROTAGONISTES DE LA POLITIQUE

Quel rôle joue tout ce qui n'est pas institution.

5.1 L'ACTION COLLECTIVE

Pour comprendre les théories des actions collectives, il est nécessaire de voir quels sont les intérêts collectifs et individuels des acteurs de la politique.

5.2 LES PARTIS

Quels sont leur pouvoir, et par quelles méthodes arrivent-ils à leurs fins.

5.3 LES GROUPES

Nous abordons les mêmes aspects que pour les partis.

5.4 LA COMMUNICATION

Etude de son importance à travers les médias, la transmission d'information et les échanges d'information, ainsi que du rôle de l'image et de du texte.


6. COMMENTAIRES

La connaissance de la science politique est une connaissance avant tout encyclopédique du fait de sa complexité et de ses sources nombreuses. Du fait qu'elle a été formée par nombre de personnalités au cours de l'histoire, il est difficile d'échapper à sa dimension de savoir.
Néanmoins, cette science est une science vivante, toujours en changement, qui nécessite donc une attention continue.
Finalement, le but d'étudier la science politique n'est pas seulement d'apprendre son fonctionnement ainsi que celui du gouvernement, mais également d'acquérir un certain regard critique sur sa propre vie civique et la vie politique plus généralement.



1. INTRODUCTION A LA SCIENCE POLITIQUE


1.1 L'OBJET DE LA SCIENCE POLITIQUE

Le politique, n.m. = tout ce qui relève du domaine politique, par opposition au social.
La politique, n.f. = la pratique politique, avec parfois une connotation négative.


Par comparaison avec l'anglais:

Policy: produit des actions et décisions politiques.
Politics: stratégies liées au pouvoir, avec la même connotation qu'en français.


SCIENCE POLITIQUE



ETAT POUVOIR ORGANISATION DE LA VIE COLLECTIVE

L'identité de la science politique s'est formée au travers de ces trois facettes au cours du temps:

Tout d'abord l'ETAT, la première et la plus ancienne des trois n'a pas toujours existé. L'Etat tel que nous le concevons aujourd'hui est apparu à la Renaissance, c'est-à-dire comme un territoire propre relativement étendu gouverné par un peuple donné et indépendant. L'Etat est surtout le plus visible et le plus tangible aspect de la science politique, c'est pourquoi il est considéré par beaucoup comme le plus important.

Les premières notions d'états sont énoncées notamment par Hobbes, Locke, etc. qui associent l'Etat à la création d'institutions politiques

Ensuite, une autre facette est apparue: le POUVOIR. La différence entre Etat et Pouvoir est importante car on voit bien que l'Etat ne suffit pas à bien décrire les phénomènes qui ont lieu à l'intérieur d'un état-nation. Le Pouvoir, en bref, est la capacité à faire agir les autres à sa place. Il n'est pas l'Etat et pourtant il y est lié intimement. Il est difficile de définir le pouvoir dans l'absolu, c'est pourquoi certaines expressions vont faire leur apparition pour essayer de le saisir verbalement (flux de pouvoir, etc.). La principale difficulté pour décrire le pouvoir est qu'il est non seulement vaste et sans limites claires, comme l'Etat, mais il est aussi en perpétuel mouvement.

(cf. Pareto, Mosca, Weber, Dahl, Mills, Aron,…)

Plus récemment, il a fallu confiner la science politique par un troisième aspect, car les relations sociales ne sont généralement pas perçues comme étant du domaine politique. Certains auteurs préféreront alors limiter la politique à l'ORGANISATION DE LA VIE PUBLIQUE. C'est néanmoins cet aspect de la science politique qui est le plus immatériel.

(cf. Easton, Deutsch, Habermas,…)

De plus, deux notions se rattachent à ce dernier:
Les systèmes politiques (après la 2e guerre mondiale): on essaie de définir comment certains systèmes sont liés entre eux - et avec l'extérieur - suite à l'érosion des état-nations, ainsi qu'à la globalisation de la démocratie.
La communication.

Pour conclure, il ne peut y avoir de classement de ces aspects par ordre d'importance car ce serait mal comprendre la relation d'interaction qu'il existe entre eux.


1.2 POLITIQUE ET SCIENCE HUMAINES

Nous allons tenter de définir quelque peu la science politique par opposition à d'autres domaines. Tout part du mouvement de sécularisation amorcé à la Renaissance et qui donnera son élan à l'avènement des Sciences naturelles et humaines.

A. SCIENCES HUMAINES VS. SCIENCES NATURELLES

A la Renaissance, toutes les sciences naturelles progressent considérablement, portées par la volonté de comprendre le monde autrement. Les sciences humaines vont profiter de cette sécularisation, car quelques intellectuels, souvent issu des sciences naturelles, réfléchiront au fonctionnement de la société et essaieront de l'adapter aux concepts scientifiques (Hobbes,…). Cette démarche bénéficiera aux sciences humaines, mais à un certain point, il apparaîtra très clairement qu'il est un élément impossible à mettre en équation: l'homme. Il faudra alors que l'on trouve de nouveaux outils pour continuer à progresser, et petit à petit, les sciences humaines vont atteindre une différenciation radicale de leur cousines naturelles.

B. SCIENCES SOCIALES VS. SCIENCES PSYCHOLOGIQUES

Bien qu'elles traitent toutes deux du même sujet - l'homme -, ces deux domaines vont très vite suivre deux orientations différentes. L'une se concentre sur l'individu, alors que l'autre ne s'occupe que des groupements d'individus. Elles peuvent traiter du même sujet, mais sous deux approches différentes:

Exemple: Le mariage est un choix, il est donc du ressort individuel, il appartient ainsi au domaine des sciences psychologiques. Il est une institution sociale car il maintient la hiérarchie sociale, il est donc aussi du ressort des sciences sociales.

Max Weber montrera que certains courants idéologiques comme le protestantisme, qui induit un choix personnel, auront une influence sociale à long terme. Dans le cas du protestantisme, c'est au capitalisme qu'il donnera naissance.

C. SCIENCE POLITIQUE VS. SCIENCE SOCIALE

Même si dans l'antiquité déjà, certaines personnalités ont écrit sur la politique (Platon, Aristote, etc.), on considère la science politique comme une science jeune. La discipline ne prendra son élan qu'aux alentours de la Renaissance. Elle atteindra peu à peu son identité et acquerra son autonomie face aux autres sciences sociales. Sa spécialisation se dessine peu à peu et on se plaît à penser à "l'autonomie du politique", qui est cependant une aspiration asymptotique. Certains systèmes ne laisse de place ni à la politique, ni à la réflexion. C'est le cas notamment du libéralisme ou du marxisme. C'est d'ailleurs en réponse à ces discours que la science politique s'affirme comme objet d'étude.
Plus récemment, on a essayé de rétablir l'interdisciplinarité pour faire reculer la spécialisation à outrance, qui deviens nuisible à l'unification des différents aspects de la vie communautaire.

La science politique est avant tout une science, car elle consiste en l'observation et l'établissement des relations entre les phénomènes d'un même monde.
C'est Machiavel, qui, le premier, remettra la science politique dans son contexte propre, c'est-à-dire les relations de pouvoir entre humains et/ou états, sans chercher à normaliser ces dernières.

REMARQUE: Il existe trois pièges auxquels il faut être attentif, si l'on veut laisser à la science politique son droit d'être une science:
Le sens commun, qui est le préjugé de notre connaissance. Il nous propose une vision préétablie de la réalité. On ne peut l'éliminer, mais il ne faudrait pas qu'il soit un frein à une compréhension objective et large de notre sujet.
Les valeurs et l'ethnocentrisme. Les valeurs nous empêchent de saisir objectivement, de peser et d'analyser impartialement les situations.
La polysémie. L’utilisation des mots en science politique est parfois source de confusion. Alors qu’en sciences naturelles, les mots sont le plus souvent univoque, en sciences sociales les mots peuvent avoir plusieurs sens ; ils peuvent tout dire (et surtout son contraire).

Deux exemples :

Humaniser :
= Rendre doux, établir un caractère humaniste.
= Recentrer sur l’homme, rationaliser par rapport à l’homme.
Libéral :
= Lié à la liberté des marchés, sans considération pour l’homme, en Europe.
= Défense de l’environnement contre les marchés, dans le monde anglo-saxon.



2. LES APPROCHES


2.0 LES PRECURSEURS

Les historiens ne sont pas fixés sur l’origine de la politique. Mais il existe deux périodes importantes dans l’histoire dans lesquelles elle pourrait trouver son fondement. Ces périodes sont l’Antiquité, et la Renaissance. Elles sont importantes car c’est durant ces époques que des auteurs-clé ont vécu.


A. LES ATHENIENS

Considérée comme le berceau de la civilisation, la Grèce antique a vu naître plusieurs personnalités parmi les intellectuels. C’est principalement à une époque faste et paisible, appelée le siècle de Périclès, que la démocratie athénienne vivra son âge d’or. On a déjà à cette époque des citoyens (cité = polis, racine du mot politique), et une valorisation de la participation politique : les individus qui ne manifestent pas d’intérêt pour la politique sont mal vus, on les appelle des idiots (qui ne s’intéresse qu’à des affaires privées). Comme Athènes est une cité relativement peuplée, il n’est pas possible de pratiquer la démocratie directe. Ils élaborent un système de démocratie représentative qui conserve les aspects égalitaires et participationistes de leur société :

Assemblées
Conseils
Magistrats dont les membres sont choisis par : Tirage au sort.
Rotation
Election

La démocratie valorise ainsi la parole, le débat est un élément essentiel de la vie politique. Il faut aussi savoir que si le pouvoir est au peuple (signification de démocratie), n’est pas électeur qui veut : les femmes, les enfants, les esclaves et les étrangers n’ont pas de droit au vote. Malgré tout, la démocratie athénienne avait cet aspect moderne qu'elle était faite par des hommes et pour l'usage exclusif des hommes.


1. PLATON

Il était un membre de l’élite intellectuelle et un universaliste. Il a écrit entre autre trois textes à vocation philosophique, mais aussi et surtout politique, qui exposent ses théories et un certain idéal:



"La République".
Cette œuvre est principalement axée sur la cité. Il décrit un modèle de cité idéale, qui comporterait trois types d’habitants : le peuple, en bas de l’échelle, les soldats, et les gardiens (les gouvernants). Ces derniers devant être une classe supérieure non seulement au niveau de la naissance ou des valeurs, mais également au niveau de l’éducation. Sa vision de la cité modèle, probablement inspirée de celle de Pythagore, est considérée comme trop rigide, trop scientifique, trop froide pour pouvoir s’adapter à l’évolution rapide de l’environnement.

Dans "Le Politique" et "Les Lois", Platon va s'écarter un peu de son idéal et expérimenter la réalité. Il observe les gouvernements qui l'entourent et en conclut qu'il ne peut exister que six types d'organisation politique:



Une monarchie: un seul individu gouverne.
Une oligarchie: un groupe d'individu peu nombreux gouverne.
Une démocratie: le peuple détient le pouvoir.

Ensuite il fait la distinction suivante:

Il existe une loi auquel le gouvernement se réfère.
Il n'existe aucune loi, le gouvernement est arbitraire.

Son opinion est que le meilleur gouvernement n'est aucun des six, mais un savant mélange d'une monarchie et d'une démocratie: l'idée d'un gouvernement mixte, la république. Ce n'est que beaucoup plus tard que son vœu se réalisera effectivement.


2. ARISTOTE

Aristote est l'élève de Platon, il suit donc des raisonnements similaires. Et il écrira également trois ouvrages importants pour la science politique:

"Ethique à Nicomaque".
Nicomaque est son fils, et il introduit, dans une sorte de dialogue, la notion d'équilibre entre les extrêmes. Une idée de juste milieu.
La société juste d'après lui est une société qui aura trouvé le juste milieu, c'est un aspect vague, mais qui introduit aussi la notion de l'individu et celle de réalité pratique.

"La Politique".
Il la définit comme: "la science des fins les plus hautes.", donc déjà il propose le fait que la politique est une science, avec tout ce que ça implique.
Puis il définit l'homme comme un animal politique. Il lui reconnaît sa nature biologique, tout en la dotant d'une différence fondamentale: le fait de pouvoir créer des liens mutuels et collectifs grâce à la parole.

"La constitution d'Athènes".
Cette œuvre est en fait une étude historique de la ville d'Athènes, qu'il compulse en se référant aux archives.

La vision d'Aristote est en quelque sorte plus humaniste que celle de Platon, lequel reste un élitiste et un intellectuel. L'illustration de "L'école d'Athènes" par Raphaël, est un résumé de la relation d'opinion entre ces deux penseurs.


B. LA RENAISSANCE

Après le grand vide du moyen-âge, tous ces éléments vont refaire surface à la Renaissance en même temps que le grand mouvement de sécularisation. Les mentalités changent radicalement car on désire se baser sur la connaissance de l'homme pour comprendre ce qui nous entoure: un courant humaniste naît.


1. MACHIAVEL (1469-1527)

S'il est un auteur et un érudit en science politique, c'est Machiavel. Son importance est telle qu'au 20e siècle, il est tenu pour être l'un des pères de la science politique. Et pourtant, toute son œuvre n'a jamais été autre chose qu'une description rigoureuse de la réalité, une description qui peut parfois paraître polysémique, mais néanmoins incroyablement lucide.

Machiavel a amorcé tout une réflexion sur les relations de pouvoir, en faisant une dissection de ce dernier et de ses mécanismes. N'oublions pas que cela se passe en pleine crise des pouvoirs religieux (même époque que Galilée). Il essaie d'approcher un certain rationalisme humain avec l'avantage d'être à la fois un théoricien et un praticien (il aura été haut-fonctionnaire). C'est en écrivant "Le Prince" qu'il entre dans l'histoire à jamais.

LE PRINCE (écrit en 1513, édité en 1532)

C'est l'œuvre maîtresse de Machiavel, et par ailleurs l'une des œuvres les plus importantes dans la science politique actuelle. Mais il est à noter que ce succès, Machiavel ne le connaîtra pas, puisqu'il mourra avant de le voir édité. Il est déjà passablement vieux lorsqu'il l'achève, mais il lui faut encore endurer sa mise à l'index par l'Eglise. Il s'agit maintenant de définir pourquoi cet écrit est si important pour nous:

Tout d'abord, le style simple lui permet d'atteindre un large lectorat.
Mais surtout, ce livre est une réflexion profonde sur le pouvoir; comment l'acquérir, et comment le conserver. L'homme, dit-il, a un besoin naturel de paix, il recherche donc toujours quelqu'un pour gouverner à sa place. Celui qui désire le pouvoir doit alors simplement savoir où le prendre.
Ensuite, il postule pour la première fois que le pouvoir n'est pas le choc des forces, car elles n'en sont qu'une éphémère partie. Le pouvoir est surtout la période qu'il y a entre les affrontements, ce qui les prépare.
Finalement, il essaie de saisir la relation entre gouvernants et gouvernés. Il décrit tout le jeu de la crainte et de la séduction.

Autant le contenu que la méthode sont tenus pour modernes encore aujourd'hui: analyse des faits plutôt que des jugements. Il dissèque le pouvoir, la réalité, les faits, pour vraiment comprendre ce qui est et non pas ce qui pourrait ou devrait être.
Ex.: VII, Des monarchies nouvelles qu'on acquiert par les armes d'autrui et par fortune.

Il réfute les a priori, qui sont légions dans ce domaine, et leur oppose l'observation.
Mais surtout, il formule le vœu que chacun puisse accéder à la connaissance du fonctionnement du pouvoir, afin que ceux qui le comprennent essaient d'influencer leur sort.

C'est ce processus qui permet à l'œuvre de rester moderne et universelle
(cf. Valser: "Guerre juste ou injuste"). C'est à un tel esprit scientifique qu'il doit d'être reconnu aujourd'hui encore.

Dans "Le Discours", il se penche sur les relations entre le pouvoir d'Etat, et la religion. Et il lui apparaît que la religion d'Etat est en fait une concentration de deux pouvoirs (et que l'apparente dissolution ne tient que de la médiocrité de connaissance à cette époque).

Il important de noter que Machiavel ne fait jamais de normation, mais établit toujours des relations entre les phénomènes de pouvoir. Il n'est pas non plus un doctrinaire, mais un analyste, même s'il aborde principalement le thème du succès. Quant à la religion, il ne la voit que comme une arme politique importante, et remarque qu'alliée au pouvoir politique, elle est un lien d'unification très puissant.

Pour conclure, sa vision a un côté pluriel. Son Prince n'est pas un manuel du parfait tyran mais il est un outil pour le peuple, un outil très utile pour saisir les phénomènes.

Rousseau dira de Machiavel: "En ayant l'air de donner des leçons au Prince, il a donner une grande leçon au peuple."

2. THOMAS HOBBES (1588-1674)

Hobbes est le premier à évoquer la justification de l'Etat et donc de la politique d'Etat par la même occasion. C'est dans une période de troubles - la révolution scientifique contre l'église battant son plein – et avec la montée de l'absolutisme en Angleterre, que Hobbes écrit "Le Léviathan".

a) LE LEVIATHAN

Cet ouvrage est donc une théorie politique qui propose d'extraire l'Etat du droit divin. Hobbes est un rigoriste, et il ne peut concevoir que le pouvoir politique soit un don du ciel. Pour lui, tous les hommes sont égaux. Ces derniers sont aussi naturellement désireux de conquête, et ils sont donc tout aussi nuisibles pour leurs congénères:

"L'homme est un loup pour l'homme."

D'après Hobbes, les hommes étant contraints de constituer des communautés pour survivre et vivre en paix, ils sont donc contraints à déléguer le pouvoir à un Etat. Pour lui c'est là qu'est le contrat social. La source de l'Etat étant l'homme, le premier est de fait un Etat totalitaire puisque le citoyen a abandonné son droit au pouvoir, il s’ensuit qu’il ne peut plus y avoir de rébellion, donc le régime devient despotique.

Dans le « Leviathan », le souverain est un monstre composé d’un ensemble d’hommes. C’est justement l’objet de la critique que Hobbes devra essuyer : il voit la société, mais non l’individu. D’autre part, il écarte définitivement le droit divin en montrant que le pouvoir venant des hommes, un contrat social est indispensable. Cependant, son raisonnement est un peu trop simplificateur, sa conclusion peu convaincante et son apport à la science politique inachevé. Et pourtant, c’est lui le premier à avoir voulu donner une base humaine à la politique, malgré sa vision froide et rigide de la société.

3. JOHN LOCKE (1632-1704)

Locke va en quelque sorte répondre à Hobbes et ce dans deux traités importants :

Le traité sur l’entendement humain.
Les traités sur le gouvernement civil.

Il cherche à élaborer un peu plus les processus de la science politique :

Il se méfie des préjugés (scolastique,…). Il est important d’après lui de recentrer l’observation sur l’homme et sa perception de la réalité. Il élabore alors une théorie politique fondée sur la tolérance et l’antidogmatisme.

Son objectif est d’établir l’absurdité du pouvoir absolu. S’il accepte l’opinion d’Hobbes sur le droit divin, il réfute toute forme de pouvoir absolu civil. Il détruira inlassablement toute tentative de le justifier. Pour Locke, un homme qui délègue le pouvoir abandonne sa condition d’homme. Par exemple, certains fondent le pouvoir absolu en analogie avec le droit paternel, lui leur oppose que ce droit-là n’est pas un droit de vie et de mort, et surtout qu’il n’est conservable ni dans le temps, ni dans la forme.
En partant de l’axiome que la faiblesse induit l’union, il formule ce qu’il appelle le principe de séparation des pouvoirs :

Délégation d’une partie du pouvoir collectif  établissement d’un pouvoir exécutif commun  l’exécutif.
Conservation de la capacité à légiférer  le législatif. Ce pouvoir a un droit de primauté sur l’exécutif.

Ce principe aura ensuite une grande importance historique, par exemple lors de la rédaction de la Constitution des Etats-Unis, qui fait expressément référence à Locke et Montesquieu.

4. MONTESQUIEU (1689-1755)

Il est avec Tocqueville l’un des deux précurseurs de la science politique à proprement parler et de l’analyse comparée (comparaison des sociétés politiques). Il a écrit « L’esprit des Lois », qui est un des ouvrages clé de la discipline.
Après avoir beaucoup voyagé, comparé de nombreuses sociétés, il entend vouloir proposer sa vision. C’est sa méthode qui donne toute sa valeur à la proposition, méthode dont il expose les caractéristiques fondamentales dans sa préface. Ainsi pour lui, l’homme n’est pas que fantaisie, il existe des principes qui sont dans la nature des choses, ces principes sont peut-être bons à connaître si l’on désire bonifier la société. C’est cela l’esprit qu’il voit dans les lois.

Quant à ces lois, sa définition est la suivante :

"Les rapports nécessaires qui dérivent de la nature des choses. Donc tous les phénomènes ont leurs lois : la nature, les comportements, les hommes, etc."

L’esprit d’une société est unité : ensemble de régime(s) politique(s), religion, mœurs, taux divers, systèmes juridiques, économie sont parmi les plus importants. Toute société devrait pouvoir répondre à cette définition. Il oppose donc l’universalisme au particularisme. Il conclut alors que ce sont les institutions qui font la balance entre protection du peuple et marche vers la monopolisation du pouvoir. Les institutions étant créées par l’homme, c’est donc à l’homme de se prémunir contre la dérive du pouvoir. Il soutient la thèse de la séparation des pouvoirs, car il considère que dans un état moderne, il est pertinent de penser un peu plus avant le mode de fonctionnement de l’Etat.
Aux pouvoirs séparés de Locke, il ajoute un troisième pouvoir : Le judiciaire, dont le rôle consiste à régulariser les liens entre l’exécutif et le législatif. Ensuite, il est indispensable que les trois pouvoirs soient composés de gens différents, pour ainsi assurer leur indépendance : la neutralité du législatif , l’impuissance de l’exécutif et l’impartialité du judiciaire.
Pour Montesquieu, il est aussi important de ne pas trop séparer les pouvoirs car ils en perdraient leur force et désintégreraient l’Etat. Il préconise néanmoins une division du pouvoir législatif en deux groupes (système bicaméral).

5. TOCQUEVILLE (1805-1859)

Il écrit notamment :
"De la démocratie en Amérique"
"L’ancien régime et la Révolution"

Tocqueville, ressortissant français et aristocrate, ne voyagera qu’aux EU. Il échappe donc à la tentation d’universaliser ses observations. Son plus grand thème est la démocratisation :

« La démocratisation est une force majeure dans l’histoire ».
 Egalisation des conditions.

Dans le premier ouvrage, il va mettre en évidence les particularités suivantes :

Le fédéralisme, donc le décentralisme.
Le rôle de la presse dans l’empêchement de la monopolisation du pouvoir.
Les associations de citoyens, donc des organisations de pouvoir réduit.
L'omnipotence de la majorité, il soulève le problème des minorités qui doivent s’incliner: est-ce vraiment cela, la démocratique ?
Et puis surtout, il découvre aux EU ce qu’il appelle des structures intermédiaires : associations, fédéralisme, partis, etc. Ces structures, créées par les citoyens mêmes, sont pour lui la clé de voûte de la démocratie.

Dans la seconde œuvre, il dit ceci sur son pays : « Quiconque ne connaît que la France ne comprendra jamais rien à la Révolution Française ». il illustre ici son idée que celui qui ne prend pas du recul ne peut juger de la réalité objective. Il conclut que la République Française du 19e n’est pas une meilleure solution que la monarchie, car d’après lui : la monarchie absolue n'a été remplacée que par une terreur absolue, et la démocratie n'est pas mieux servie qu’avant car il n’y a pas eu de processus de décentralisation du pouvoir: un pouvoir absolu reste absolu même s'il est justifié par le peuple (tribunal révolutionnaire).


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ãõÓÇåãÉãæÖæÚ: ÑÏ: INTRODUCTION A LA SCIENCE POLITIQUE Prof. C. Mironesco   ÇáÓÈÊ äæÝãÈÑ 28, 2009 6:34 pm



2.1 LES APPROCHES DU POUVOIR POLITIQUE

Leur source est la problématique et la démarche de leur éclaircissement :

Les sources de pouvoir, question jamais résolue, mais qui donne toute sa dynamique à la démarche.
La question de la concentration ou de la dispersion du pouvoir.
Comment juger des effets de ces approches.

Il existe toujours une certaine subjectivité, une certaine relativité, car on conçoit que la réalité objective change suivant le point de vue. C’est donc l’intérêt collectif qui nous intéresse.
Une définition possible de l'approche:
"Une manière de construire un objet d'étude".


A. L’APPROCHE MARXISTE

L’approche marxiste est elle-même issue de courants de pensées antérieurs.

1. LA GENESE

L’approche marxiste est très ambitieuse (philosophique, économique, politique, théorique, évolutive et explicitement doctrinaire). Pourtant il est légitime de se poser la question des sources d’influence:

Tout d’abord, les sciences naturelles, qui l’influencent de leur progrès. Revendication de mieux observer la réalité objective, qui comme on l’a dit peut revêtir plusieurs facettes. Marx désire observer l’économie de manière scientifique.
Ensuite, l’évolution de la discipline historique et politique : raisonnement en terme de groupe social et pré-socialisme, avec Fourrier et Proudon notamment.
De l’économie, les théories capitalistes d’Adam Smith et David Ricardo, qui lui fournissent des analyses modernes sur le travail, la richesse et les inégalités.
La philosophie de Hegel qui a inventé la dialectique. Penser la vie en observant les changements. Pour rendre compte de la vie, il faut définir les lois de développement universelles : Hegel propose une évolution par sauts qualitatifs, et non pas linéaire. Ce processus est omniprésent, aussi bien dans la pensée, et dans la réalité. Pourquoi ces sauts ? Pour Hegel, il existe des contraires indissociables qui s’enchaînent en triade :

Thèse  antithèse  synthèse => progrès.
Rejet invention

Ce thème de la dialectique intéresse beaucoup Marx et Engels, mais ils trouvent que Hegel fait trop de spéculation théorique ; eux veulent l’appliquer à la réalité objective (classe bourgeoise  prolétariat).

2. MATERIEL HISTORIQUE DIALECTIQUE

les modes de production caractéristiques de toute société :
Les forces de production sont : les instruments de production, les outils et objets de production et les hommes.
Les rapports de production, que le travail forme entre les travailleurs (hommes) ou entre eux et la nature.

En découlent des classes sociales variables selon les modes de production dans l’histoire. Les classes sont toujours liées entre elles, liées mais développent des intérêts antagonistes : l'une recherche le profit aux dépends des travailleurs, et l'autre recherche le travail sans prendre en compte le profit. C’est ainsi qu’il détermine deux classes principales : la bourgeoisie et le prolétariat. Ces classes sont caractérisées par la possession ou non des moyens de production.
Il s’ensuit forcément la lutte des classes.

3. DYNAMIQUE SOCIALE ET POLITIQUE

Elle se réfère au déterminisme économique: l'économie mène la marche du monde.
Elle se base sur l'infrastructure qui soutien tout l'édifice (social, économique, politique) que Marx appelle la superstructure. Les phénomènes politiques sont néanmoins laissés un peu de côté. Car d'après la théorie du reflet, la politique ne serait que le reflet de l'économie. L'analyse se dit ambitieuse, matérialiste, mais le pouvoir politique ne saurait être si facilement expliqué par des traits évidents.
Ainsi, il existe quelques personnalités qui sont restés dans l'histoire par leur contribution politique à l'œuvre de Marx:

Lénine, qui met en garde contre la mécanique trop scientifique des théories marxistes. Il trahit Marx en le réécrivant, mais il est le premier à donner à cette doctrine une vraie dimension politique.
Gramsci, séduit par le côté doctrinal des théories marxiste, développe l'idée de promouvoir une philosophie active, une vulgarisation de la pensée marxiste, pour amener les gens à penser socialement la superstructure (et ainsi aider les plus démunis).



B. L'APPROCHE ELITISTE

Trois politologues ont été les figures de proue de l'approche élitiste.

1. PARETO
ingénieur, sociologue, économiste et professeur à l'université de Lausanne

Il parle de la division naturelle entre élite et masses. Son propos est que dans toute société ou groupe de personnes, une division se fait naturellement entre une masse majoritaire et une minorité d'élite. Il ne pose pas cela comme une idéologie, mais comme un constat de faits qui ne reposent ni sur la force, ni sur la richesse.
Cette notion introduit donc d'autres sources de "lutte des classes". pour Pareto, il n'y a pas de saut quantitatif dans l'évolution des peuples, il y a seulement apparition et disparition d'élites dans une sorte de cycle répétitif.

" L'histoire est un cimetière d'élites."

Il n'explicite pas en détail cette qualité; ce qui a fait le jeu des fascistes qui se sont fait une joie de reprendre ses théories pour en faire une arme idéologique. Il inspire aussi Michels, auteur socialiste, qui fait le procès de l'émergence d'une certaine élite lors de la révolution russe en 1918.

2. MOSCA
juriste, politologue

Sa vision est similaire à celle de Pareto, mais il propose un rapport entre les seuls dirigeants et dirigés. Dans toute société, il existe une classe dirigeante (le terme classe implique toujours une notion matérialiste) composée de politiciens nourrissant des liens privilégiés avec les riches ou les personnages publics. Cette classe exerce le pouvoir grâce à la formule politique:

"La classe politique justifie son pouvoir en le fondant sur une croyance ou un sentiment qui à cette époque et dans un peuple déterminé sont généralement acceptés". C'est cela la formule politique.

Mosca est aussi plus précis quant à la dimension politique, car c'est lui qui établit le lien entre dirigeants et dirigés. Contrairement à Pareto, il croit les bonds qualitatifs possible. Il pense qu'il peut y avoir des périodes de crises propice à des révoltes ou même des révolutions.
A la fin de sa vie, il plaidera pour le pluralisme afin de contrer la concentration de pouvoir.

3. MILLS (Etats-Unis)

Il fera une critique de l'establishment américain, en parlant de la Power Elite, et d'autre part, dans des Etats-Unis très stables et très autosatisfaits de leur pluralité du pouvoir, il va réussir à démontrer qu'il n'en est en fait rien. En effet, bien qu'il ne croie pas aux classes, il y observe trois grands secteurs de pouvoir:

Le cercle militaire.
Le cercle industriel.
Le cercle politique.

Il en conclut que ce pluralisme est limité à la moyenne hiérarchie, et qu'il est particulièrement osmotique aux hautes sphères. Le pouvoir se concentre dans les mains de ceux qu'il appelle la Power Elite.


C. L'APPROCHE PLURALISTE

1. DAHL
américain, contemporain de Mills

Par comparaison avec Mills, il pense qu'il existe une pluralité de catégories dirigeantes due à la pluralité des classes sociales, et que cette première s'autorégule quant au partage du pouvoir.
Dahl reproche à Mills de faire trop de métaphysique, de ne pas assez observer les faits. Sa question est: Qui gouverne? Ainsi il pose le cadre de sa démarche qui consiste à s'installer dans une ville pendant plusieurs années et observer qui gouverne. Sa conclusion est qu'il y a effectivement une pluralité de gouvernants correspondant aux différents domaines de compétence.
Ensuite, il mettra en évidence la pluralité des ressources qui sont nécessaires à la politique. Cette première est la raison fondamentale du partage et de l'équilibrage des pouvoirs.

2. ARON
idéologue français

Aron reprend le thème des classes pour mieux le réfuter, car il trouve le concept trop pauvre pour expliquer un pluralisme de catégories dirigeantes croissant:

les politiques: les acteurs des faits politiques (élus, députés, dirigeants, etc.).
le pouvoir spirituel: les savants, intellectuels, les religieux, etc.
l'armée et la police, qui sont au service du pouvoir politique.
les managers: ils ont un certain pouvoir, mais ne possèdent pas de moyens propres (propriété des moyens de production).
les meneurs de masse, qui ont les moyens politiques, mais pas le pouvoir.
les haut-fonctionnaires, qui ont un pouvoir délégué, mais bien réel.

On voit donc que chez Aron, l'économie est occultée.

D'autre part, on peut distinguer des disparités géographiques quant à la situation géopolitique de certains pays:

URSS: on assiste à une fusion des catégories.
Occident: on peut remarquer une différenciation importante.

Aron préfère de loin la deuxième solution.


On peut conclure que Mills et Dahl, étant contemporain et concitoyens, n'en partagent pas moins des vues diamétralement opposées, il se pourrait donc que les approches dépendent du contexte historique, plutôt que des courants idéologiques.



2.2 LES APPROCHES GLOBALISANTES: LE SYSTEMISME ET LE FONCTIONNALISME

Ces deux approches sont dites globalisante car elles se concentrent sur les sociétés dans leur ensemble. On remarque là l'influence de Montesquieu ou de Tocqueville. L'idée se fait plus précise que "le tout est plus que la somme des éléments" (idée que la société a d'autres propriétés que celles de ses éléments). On peut encore remarquer que les mots systémisme et fonctionnalisme ne sont apparu que durant ce 20e siècle, alors que les idées qui les sous-tendent sont bien plus anciennes. D'autre part, du fait de leur relative nouveauté, ces approchent abordent le problème des libertés de l'individu, des rapports de libertés dans les sociétés, etc. Et ces interrogations ont des répercutions certaines sur le libre arbitre de l'individu, ou encore les libertés individuelles.

De plus, on peut distinguer ici un esprit scientifique, dans le sens que l'arbitraire a été évité dans la mesure du possible et les approches ont été confrontées aux conclusions. Cet esprit se justifie également dans le fait que le domaine d'étude a été soigneusement défini au préalable (ce qui peut paraître discutable étant donné la difficulté de distinguer les contours de la science politique). Il apparaît néanmoins que ces deux approches ont contribué à la science politique.



A. LE SYSTEMISME

Son objectif est d'établir une comparaison entre les permanences et les changements, et ce notamment en politique. On cite généralement deux sources fondatrices du systémisme:

La biologie avec L. von Bertalanffy qui, avec la parution de sa "Théorie générale des systèmes" en 1956, encourage l'élargissement du rapport de type cellule - environnement (adaptation, etc.) à une multitude de domaines. C'est lui qui le premier parle de concept d'échange entre les systèmes et leur environnement.

La cybernétique avec l'un de ses fondateurs - N. Wiener - qui définit le concept d'ensemble de systèmes dans son ouvrage "Control and communication in the Animal and the Machine" en 1948. Il introduit la notion de communication et de régulation dans les systèmes humains ou mécaniques.

Ces deux scientifiques ont par ailleurs donné un sens interdisciplinaire à leur théories.

1. LES CONCEPTS DU SYSTEMISME

Rappelons que les concepts sont les outils de recherche en science politique.

Détermination du système (sphère interne) et de l'environnement (sphère externe), puis observation des permanences ou des changements.

Définition des changements observés, qui peuvent être qualitatifs et/ou quantitatifs. On les qualifie suivant leur importance:

Changements dans le système, dits petits changements.
Changements du système, dits grands changements.

Observation des tendances des changements selon le postulat "Tout système tend vers l'équilibre". Les système s'autorégulent, ils sont donc actifs. On observe deux tendances :

vers un équilibre stable.
vers un équilibre instable, donc continuellement en conflit.

La rétroaction (feed-back), qui est le résultat de la réaction au changements. On peut l'apparenter à l'effet boule-de-neige. On en distingue deux sortes:

amplificateur: réponse qui va vers un plus grand écart à l'équilibre, ce qui peut mener à un changement du système, ou même un écroulement de ce dernier.
réducteur: réponse qui vise à réduire les tensions dans le système, qui tend ainsi à l'équilibre. On appelle cela l'ajustement.

2. EASTON

Il s'intéresse aux réactions entre le système politique et son environnement, et non aux changements dans le système même. Il se démarque par une approche qui se veut différente des approches traditionnelles (pluralisme, élitisme, institutionnalisme, etc.). Sa question de base est la suivante:

"Comment les systèmes politiques réussissent-ils à persister dans un monde où règnent la stabilité et le changement?"

Cette interrogation amène alors logiquement les trois interrogations suivantes:
définition du rapport environnement - système.
comment la communication agit-elle?
le comment et le pourquoi de la persistance de l'équilibre,.

3. LE MODELE DE EASTON















Le processus se déroule de la manière suivante:
Sortie: décisions et actions politiques.
Variation de l'environnement.
Entrées: exigences et soutiens.


Easton va surtout se concentrer sur le côté gauche du modèle, c'est-à-dire sur les entrées:

Les exigences:
Elles exercent un stress sur le système (surcharge qualitative ou quantitative). Cela implique donc des moyens d'expression pour avoir un effet sur l'équilibre (lobbies, médias, partis,…), car les revendications individuelles ne sont pas influentes. Il s'ensuit donc une organisation des revendications.
Ensuite, il y a une régulation structurale (gatekeeper): elle équivaut à une canalisation des expressions ou des exigences (tabous, partis, média…). elle permet au système de ne recevoir qu'un filtrat des "bruits" de l'environnement.
Ce tri réduit alors les interventions effectives du système.

Il peut éventuellement y avoir une anticipation de certains éléments à l'intérieur du système politique face aux changements de l'environnement: le withinput.


Les soutiens: ils destressent le système, détendent les écarts à l'équilibre. Ils constituent tous les éléments favorables au système, sans lesquels il s'effondrerait sous le poids de la surcharge des exigences. On peut en citer trois types:

A la communauté: constituent une sorte de patriotisme politique.
Au régime politique, qui est un soutien intellectuel.
Aux autorités, voir aux personnes (peu pratiqué en Suisse).

Les soutiens sont constamment menacés soit d'érosion, soit d'effondrement.

4. DEUTSCH

Il poursuit l'approche de Easton, mais en rejette le côté mécanique. Pour lui, le système n'est pas libre de ses mouvements (cybernétique  bernes: grec anc.: gouverner, piloter). Il introduit le thème de l'information (passé, présent, objectifs) pour guider le système non seulement vers l'équilibre, mais aussi et surtout vers un but. Il précise le modèle de Easton en ajoutant que la boucle circulaire n'est pas cyclique, mais basée sur le schéma suivant: essai  erreur  correction. Cette évolution dépend de quatre facteurs:

le poids de l'information, qui doit être adapté, pour ne être handicapant.
la rapidité de réaction ou de réponse, qui illustre la capacité à faire face à un conflit.
la justesse de correction, comment atteindre le juste milieu.
décalage temps/but: il détermine l'atteinte ou non du but.

Deutsch complète donc la vision un peu trop musclée de Easton, il complète sa métaphore et en enrichi la théorie.


B. LE FONCTIONNALISME

C’est également une approche globalisante, qui se veut pluridisciplinaire, et donc pas limitées au seul domaine de la science politique. La thèse est que chaque élément d’un ensemble trouve sa justification dans l’ensemble même, et dans la fonction que l’élément y occupe.

"Le tout explique la partie."

1. SPENCER (XIXe)

Philosophe et sociologue, il est le "créateur" de la doctrine de l'organicisme, qui s'inspire des principes organiques (donc biologique), pour expliquer les phénomènes sociaux. Pour Spencer, le processus de la vie est le résultat d'une spécialisation des fonctions, et des éléments.


2. MALINOWSKY (1884-1942)

Il est anthropologue et ethnologue, et c'est sans doute pourquoi il favorise plutôt une théorie universaliste. Il applique l'organicisme aux sociétés, mais, emporté par l'enthousiasme du début du siècle, il omet de poser des limites à ses thèses, ainsi:

Tout élément, culturel ou institutionnel rempli une fonction sociale ou répond à un besoin. Il exprime là le résultat d'un courant de pensée déjà esquissé chez Machiavel. Il prétend que tout élément est en relation avec le fonctionnement du tout, même ce qui peut paraître à première vue bizarre et injustifié.
Ex: l'économie parallèle en Europe de l'Est sous le communisme.

Il s'ensuit que chaque chose est alors rationnelle et nécessaire, ce qui est loin d'être le cas. De plus, partant de ce postulat, on serait tenté de ne plus porter de jugement objectif.
Ex: le sati en Inde.


3. L'ANALYSE FONCTIONNELLE DE MERTON (XXe)

Sa démarche est claire et objective: c'est une critique constructive d'un fonctionnalisme qui à l'époque était plutôt tourné en dérision qu'autre chose.

Tout d'abord, il détruit les bases du raisonnement de Malinowsky: les trois postulats de départ sont faux:

La société n'est pas une unité de fonction, ce n'est pas un organisme.
Il faut introduire une nuance dans la fonctionnalité des éléments, tous ne sont pas fonctionnels et bons pour le tout.
La nécessité n'est pas issue d'un besoin à proprement parler ( physiologique).

Ensuite, il voudrait faire du fonctionnalisme un outil plus subtil, pour cela il introduit de nouvelles notions:
Fonctionnel et Disfonctionnel: un élément peut être les deux à la fois, suivant le point de vue considéré. Il convient de nuancer.
Exigences fonctionnelles plutôt que besoins. On peut définir certaines exigences fonctionnelles minimales au fonctionnement d'une société.
Les équivalences fonctionnelles: une même exigence peut être satisfaite par des fonctions différentes (ex: la psychanalyse remplace la confession religieuse).
Exigences manifestes vs. Exigences latentes. Les premières sont le reflet de la volonté, avec d'importantes conséquences, alors que les secondes découlent des premières et sont moins conscientes.

4. ALMOND (60')

Il applique l'approche Mertonienne au développement politique.



2.3 L'EXPLIQUATION ET LA COMPREHENSION

Nous allons maintenant aborder la querelle qui oppose Durckheim et Weber, une querelle qui existe encore entre les partisans de l'un ou de l'autre et dont l'objet principal se résume dans la question suivante:

"Faut-il privilégier l'explication ou la compréhension?"

Finalement, on s'accorde à les considérer ces deux voies comme complémentaires, mais le vrai débat de fond était celui de savoir sur quelle voie devait s'aventurer la science politique. C'était donc un problème global.

Et pourtant, il apparaît que les deux approches ont des points communs:
Elles ont toutes deux le but de saisir la réalité et l'histoire, de développer des méthodes et de les étayer.
Elles sont également revendiquées par plusieurs disciplines.


A. EMILE DURCKHEIM (1858-1917)

Réputé comme étant le père de la sociologie moderne (première chaire de sociologie en France), Durckheim incite dans son explication à prendre du recul, à réaliser que l'on est à la fois sujet et objet.

Il écrit notamment:
"De la division du travail social" (1893)
"Règles de la méthode sociologique" (1895)
"Le suicide" (1897)

Dans le premier ouvrage, il développe un contraste (ou une distinction de société) entre deux types de solidarité (liens sociaux entre les individus):
La solidarité mécanique, que l'on trouvait autrefois. Elle était fondée sur la division rationnelle du travail et sur le regroupement par parenté, et se renforçait par contrainte (éléments dogmatiques, religions, etc.).
La solidarité organique au contraire est un résultat de la complexification croissante des tâches dans notre société, où la solidarité tire sa force de l'intérieur (par contrats, pactes, etc.). C'est davantage une solidarité de droits.

La démarche méthodologique, proposée dans son second ouvrage, consiste à se donner une disposition d'esprit telle que l'on considère les faites sociaux comme des choses. Mais qu'est-ce à dire? Qu'est ce qu'un fait social?
Tout d'abord, ce n'est pas un fait biologique, ni un fait psychologique. C'est un fait qui s'impose à l'individu (rôle social par exemple). Il y a une notion d'imposition dans le fait social.
Durckheim le définit ainsi: " Manière d'agir, de sentir ou de penser qui, étant extérieure à l'individu, n'a pas l'individu pour origine mais la société."
Le considérer comme une chose, c'est d'une part tenter d'arriver à appliquer une approche scientifique à ce fait. C'est-à-dire se détacher de toute valeur et de toute prénotion. D'autre part, une chose ne se modifie pas par décret et se caractérise par sa rigidité d'état. Selon Durckheim, c'est bien ce qui se passe avec les faits sociaux car ils sont contraint et édictés par l'ordre social, et ce malgré la liberté de chacun.



B. L'EXPLICATION

Dans le domaine socio-politique par exemple, il faut établir un discours entre les êtres. Pour Durckheim, il s'agit d'établir une relation entre les phénomène sociaux, soit:

"Expliquer le social par le social."

Sa méthode est la suivante:
Il reprend avec pertinence les éléments qui font la force des sciences naturelles: il veut chercher la cause efficiente. Pour lui tout fait social a une précession chronologique et cohérente:
Exemple:











La cause élucidée, la réforme est possible. Il ne s'agit donc pas seulement de comprendre, mais de corriger.
Il anticipe la critique de l'absence d'expérimentation qu'exige une démarche scientifique, et qui n'est évidemment pas possible en sociologie. Durckheim fera ce qu'il appelle l'expérimentation indirecte: observer les faits sociaux et leur variations relatives (cf. Le Suicide).
Exemple: la participation politique expliquée par les différences de niveau d'éducation.

"Le suicide": une démonstration de sa méthode (cf. textes, II).
Pourquoi ce choix? Son but est la démonstration de l'existence du fait social. Le choix du suicide paraît très judicieux dans la mesure où il peut démontrer, avec des chiffres cohérents, qu'il n'est pas aléatoire.

Il va d'abord chercher des chiffres dans toute l'Europe.
Puis il va les mettre en relation avec d'autre faits, par exemple:
Les protestants se suicident plus que les catholiques.
Les gens instruits sont les plus enclins à se suicider.
Le climat a un impact sur la cohésion sociale, et un effet sur le taux de suicide.
L'écart des sexes est par ailleurs évident. Or à son époque, le sexe (genre) est un fait absolument biologique. Le voilà donc emprunté car cela pose une problématique de taille!
Il synthétise le tout et en conclut que le taux de suicide est relatif et proportionnel au degré d'intégration sociale.

Il fait ainsi l'éclatante démonstration que là où on croyait le libre arbitre omnipotent, c'est le lien social qui s'impose. C'est la démarche, bien plus que ses recherches, qui a survécu au temps: on l'appelle l'étude des comportements.

C. MAX WEBER: LA COMPREHENSION (1864-1920)

Max Weber a touché à énormément de disciplines, dont l'histoire et l'économie entre autres. Cependant, il prône plutôt la spécialisation.

Il est un méthodiste et veut donner un statut scientifique aux comportements humains. Pour lui, le vrai travail commence à partir de l'explication de Durckheim. Cette rigueur est sans doute inspirée par le dualisme allemand du début du siècle (sciences naturelles: expliquer vs. sciences humaines: interpréter, comprendre).

Son but avoué est de comprendre à travers:

L'activité sociale: plus dynamique et plus rationnelle que le fait social chez Durckheim. Il remarque que les valeurs aussi ont une dimension sociale.
L'activité causale: qui signifie rendre compte de la signification des activités sociales. Il veut aller au-delà de l'interaction strictement matérielle et évoque ainsi l'idée d'investissement social.
L'idéal-type, ou type idéal: mise en exergue de faits caractéristiques. C'est un outil de connaissance par abstraction. Grâce à ce modèle, il va pouvoir saisir l'explication causale d'une part, mais également prendre en compte une nouvelle variable, qui est la distance entre la réalité et le type idéal (abstrait).

Pour Weber, les phénomènes ne peuvent être seulement expliqués sur un plan causal, mais doivent l'être également sur un plan significatif.

1. DEMONSTRATION

Dans "L'éthique protestante et l'esprit du capitalisme" (1905), il va lier religion et rationalisation du capitalisme. En opposition avec Marx, il veut donner à cet exemple un explication complète au lieu de la simplification marxienne (matérialisme).
Il établit le lien causal et chronologique entre protestantisme et capitalisme. D'autre part, il teste son idéal-type:

Idéal-type du protestantisme:
Travail, réussite ( élection divine), etc.

Idéal-type du capitalisme:
Valorisation du travail, de la réussite de l'individu, etc.

D'où la conclusion.

2. LES TYPES D'AUTORITE

Dans "Economie et société": Weber nous propose un instrument d'analyse des relations d'autorité. Weber ne s'intéresse pas aux périodes de contraintes, mais aux moment d'apaisement, pour pouvoir observer les relations de stabilité. Il évoque ainsi le thème de la légitimité, dont sa définition est la suivante:
"Chances d'être obéit pour des raisons intrinsèques."

Il définit la société à travers trois types de légitimité:

la légitimité rationnelle-légale:
partage d'une croyance sur une base rationnelle (règles).
type de personnes spécialisées dans leur fonction (compétence administrative).
les citoyens: obéissent aux lois, sont libre de leurs mouvements.

la légitimité traditionnelle:

dirigeants et dirigés le sont sur une fondation traditionnelle, immuable.
les aides au pouvoir tirent leur statut de la tradition.
les habitants sont des sujets, non pas des citoyens.

le type charismatique:
attachement affectif au chef (fidélité). Il s'agit d'une monocratie, donc il n'y a pas d'administration.
les sujets sont ici des fanatiques dont le soutien doit être entretenu. Ainsi, le système doit évoluer pour ne pas sombrer dans la routine.

Finalement, pour Weber, le fait scientifique est par essence un fait universel, donc son type idéal ne peut qu'être universel. Partant de ce postulat, il permet d'établir des comparaisons de phénomènes similaires dans le temps et l'espace.



COMPARAISON RESUMEE DE DURCKHEIM ET DE WEBER


EXPLICATION COMPREHENSION
Opposition Sciences vs. non-science Sciences humaines vs. Sciences exactes
Apport principal Dépasser les préjugés, observer les faits sociaux comprendre l'activité sociale
Démarche Comparer les faits, les relation de faits et en rechercher les causes établissement d'un idéal-type universel et particulier


3. SOCIALISATION ET COMPORTEMENTS POLITIQUES


3.1 COMMENTAIRES GENERAUX

Le terme socialisation se rapporte au processus d'intégration dans la société de l'individu, et non au socialisme.
Ce chapitre est une illustration de la micro-politique, qui s'oppose à la macro-politique. La micro-politique étudie avant tout le comportement de l'individu en politique et non la société dans son ensemble. Nous verrons que les deux approches se recoupent de toute manière.
On met l'accent sur l'apparition de faits, la mouvance expérimentale: une mise en évidence des faits sociaux. Déjà chez Durckheim, on avait cette idée de résoudre des problèmes sociaux. C'est le moteur de la recherche sociologique, qui atteint une envergure sans précédents dans les années 50.
Bien que l'explication soit favorisée parce qu'elle préconise une prise de recul, elle n'est pas toujours possible.
Exemple: Concept de Thomas et Znaniecki: recherche empirique sur un problème social, l'immigration.

Hypothèse: les Polonais mal intégrés en Pologne devraient bien s'intégrer aux Etats-Unis.
Résultats: Contrairement à l'hypothèse, ce sont les polonais les mieux intégrés qui ont pu s'établir au mieux aux Etats-Unis.
Conclusion: La prédiction créatrice (un être humain définit une situation comme réelle, celle-ci va vraisemblablement se réaliser dans ses conséquences) rentre en conflit avec l'observation objective.



3.2 PSYCHOLOGIE ET POLITIQUE


A. APPORTS THEORIQUES

1. LA BIOLOGIE ET L'ETHOLOGIE

L'éthologie est la science des comportements des espèces animales dans leurs milieux naturels.
Avec Conrad Lorentz, on s'inspire du principe de l'inné et de l'acquis pour lequel il a reçu le Prix Nobel. Ce principe est important pour les ethnologues et les anthropologues.

Dans son étude "L'agression, une histoire naturelle du mal", il pose que toute agression a une cause, par exemple une violation de l'espace vital, et qu'il existe tout un système qui empêche l'agression, comme des signes de hiérarchie ou de domination chez les animaux.

On serait tenté de transposer cela à l'homme, mais on se rend compte que ça n'est pas suffisant pour expliquer les comportement humain. Il faut y ajouter la culture et l'adaptation à l'environnement.

2. LE BEHAVIORISME

C'est une étude expérimentale sur le comportement indépendamment de la biologie ou du psychisme.

Pavlov: il développe le principe de reflex conditionné qui introduit les notions de stimulus et de réponse (cf. expérience du chien de Pavlov).

Watson et Skinner: Inventent le mot béhaviorisme. Ils théorisent l'acteur comme un ensemble de réponses pour s'adapter au milieu. Ils établissent un catalogue de stimuli et de réponses. Skinner va travailler sur la substitution de stimuli.

Dollard: recherches sur l'agression.

3. LE PSYCHISME ET LES BESOINS HUMAINS

Freud: l'homme n'est pas entièrement rationnel, il existe un inconscient.

et Adler: la relation entre les individus est conditionnée par des sentiments d'infériorité acquis dès l'enfance et qui créent des réactions (d'où créativité). Il inspire les politologues, notamment Henri Demann qui établit une théorie du socialisme en réponse particulière à certain problèmes sociaux.

Allport et Rogers: américains, étudient la psychologie humaniste. Travaux sur les préjugés (racisme) qu'ils essaient de transformer en faits sociaux: même idée de contrôle que chez Durckheim.

Maslow: thèse de la hiérarchie des besoins (années 50): les êtres humains ont des besoins selon certains niveaux.

les besoins essentiels (nourriture).
besoins de sécurité physique ou cognitive.
besoins d'appartenance à un groupe ou une collectivité.
besoins de reconnaissance par les autres.
besoins d'accomplissement personnel (self-actualisation).

Cette thèse est un important effort de sophistication de la classification empirique des besoins. Elle induira d'immédiates études empiriques dans les années 50, dont les résultats seront divergents. Pour Maslow, c'est l'ensemble qui est important, non les niveaux pris indépendamment, car il illustre un mouvement ascensionnel. Ce mouvement dynamique peut expliquer des changements de société.


B. PERSONNALITE, ATTITUDES ET OPINIONS

1. THEORIE

La personnalité (traits psychologiques) d'un individu ou d'un groupe d'individus se manifeste par un style de vie introverti ou extraverti. Elle est la raison profonde et enfouie des attitudes.
Les attitudes sont des dispositions à répondre de la même manière à certaines situations ou stimuli. Il peut y avoir plusieurs attitudes issues d'un même type de personnalité (et inversement). En d'autres termes, les attitudes sont le moyen de s'adapter à l'environnement, elles donnent naissance aux opinions.
Les opinions sont la simplification de l'attitude: une assertion que l'on accepte ou que l'on rejette.

Cette théorie s'inspire de la psychanalyse et du systémisme.

2. L'ETUDE D'ADORNO ET AL. DE L'ECOLE DE FRANKFURT

Adorno et ses collègues menèrent une recherche sur le nazisme et la personnalité autoritaire. Ils ont tenté de saisir les opinions, avec un souci de transparence. Une des conclusions est qu'il existe des deux côtés politiques des personnalités autoritaires. Une autre conclusion est que l'éducation tend à diminuer ces personnalités.

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ÊÇÑíÎ ÇáÊÓÌíá : 19/01/2008

ãõÓÇåãÉãæÖæÚ: ÑÏ: INTRODUCTION A LA SCIENCE POLITIQUE Prof. C. Mironesco   ÇáÓÈÊ äæÝãÈÑ 28, 2009 6:35 pm

3. PSYCHOLOGIE DES FOULES

En 1895, Le Bon utilise l'expression "le tout est moins que l'ensemble des éléments" pour un cas particulier:

Les comportements violents de masse sont induits par une contagion rapide des comportements dus à un sentiment de puissance, en association avec un pouvoir de subjection enlevant toute rationalité aux êtres. D'après lui, le nombre en est la cause principale, mais il apparaît que ce n'est pas forcément nécessaire (meute, gang, etc.).



3.3 PROCESSUS DE SOCIALISATION


A. AGENTS PRINCIPAUX: LA FAMILLE ET L'ECOLE

Un processus par lequel les enfants, et l'être humain en général, intègrent des attitudes, politiques notamment: il y a transmission de signaux. Ce genre de processus a fait l'objet d'études empiriques dans les années 70-80, ayant comme sujets surtout des enfants.

En effet, il existe un potentiel qui intéresse les politologues: celui de la conservation et de l'innovation en ce qui concerne le politique.

Par exemple, la conscience nationale, qui apparaît très tôt.
Ensuite, on peut observer une certaine connaissance abstraite de la politique.
Les enfants ont très tôt une certaine idée, une certaine opinion du politique.

Ainsi la famille et l'école ont une influence très importante sur la formation de leur potentiel, et de trois manières différentes:

Transmission d'information.
Processus de choix collectif, ou d'argumentation dans le parcours scolaire.
Relations de pouvoir au sein de la famille, ou même à l'école.

La transmission d'information vs. l'acquisition de connaissances
Action passive de l'enfant face à l'information, qui souvent est assez vague et complexe (héritage culturel, etc.) et que l'on trouve principalement dans les familles. Alors que l'acquisition implique une interactivité que l'on trouve dans le milieu scolaire, et qui présente des éléments simples, objectifs (faits, expériences, etc.).

L'école et la famille jouent toutes deux un rôle de transmission et d'acquisition. Dans la famille, ce rôle est implicite, alors qu'à l'école il est explicite, délibéré.


B. LES CONSERVATEURS ET LES NOVATEURS

On trouve deux approches par rapport à la socialisation:

1. LES CONSERVATEURS

Easton et Bourdieu partagent la vision d'un conservatisme présent dans le processus de socialisation, mais ils n'ont pas la même attitude face à celle-ci.



Easton
Il souligne le côté positif de la société conservatrice.
Cela conforte en effet son approche systémique, car la socialisation devient un soutien du système, en le conservant.
On lui oppose que ce conservatisme pourrait induire des réactions vs. Bourdieu
Lui n'est pas satisfait par le conservatisme de la socialisation. Il se penche sur le problème de la socialisation en utilisant les outils marxistes (classes sociales, etc.). Pour lui, la socialisation est un instrument de reproduction des classes sociales.
Ainsi, malgré les progrès de la démocratie, il existe toujours une barrière sociale, telle une inconscience des classes. Par exemple, le milieu scolaire peut varier énormément et donner lieu à des différences de classes.
Son argumentation se base sur le fait que la socialisation a pris la place de contraintes fonctionnelles, voir matérielles: "La violence symbolique."


2. LES NOVATEURS

Annick Percheron, va s'inspirer de Piaget pour montrer que la socialisation n'est pas seulement un processus cognitif, mais également affectif et social.

Piaget développera, ce qui deviendra un changement de paradigme, la thèse de l'enfant-acteur actif de son développement. En effet, jusque-là, on considérait l'enfant comme un être passif, un adulte en miniature dont on doit remplir le potentiel. En remettant l'enfant dans son milieu et ses besoins, Piaget montre que l'enfant n'est jamais passif et qu'il agit sur deux plans distincts et irréductibles: le cognitif et l'affectif.

Ainsi, pour Annick Percheron, il n'est pas convenable de parler de déterminisme, mais plutôt de "liberté surveillée".


En comparaison avec Bourdieu, dont elle est contemporaine, et dont elle relativise la théorie de la reproduction sociale:

la date de la socialisation est importante, car elle donne toute sa relativité à cette dernière.
la socialisation est un enjeu de conflit: école vs. famille, divergence potentielle des valeurs.
la socialisation a deux pôles: affectif et cognitif. Le moteur de l'insertion, mû par la difficulté de celle-ci, se sert des deux.
les comportements s'expriment, non pas s'acquièrent. C'est la personnalité qui s'acquiert (inconsciemment). Donc le déterminisme est une simplification excessive des comportements.
la reproduction des classes sociales n'est pas possible, car l'évolution, aussi complexe soit elle, est constante et variable en activité selon les régions, les périodes, etc.

On a donc héritage d'une génération à une autre, mais non reproduction: la société ne peut jamais se retrouver dans un même contexte, car il y a l'histoire entre les deux. Mais cela n'exclut pas une certaine continuité.


C. LA CONSTRUCTION SOCIALE DE LA REALITE (1966)

Ecrit par P. Berger et Luckmann, c'est à la fois le titre et le concept de leur raisonnement, qui va utiliser la socialisation comme toile de fond.

Le thème principal est le paradoxe de la création humaine du monde et de l'expérimentation de ce monde comme objet distinct par ce même homme; objet vs. sujet. Pour les deux auteurs, formuler le problème ainsi est un peu simpliste et trop constructiviste. En réfléchissant sur cette notion de base, ils en arrivent à la conclusion que si l'homme construit son monde, il ne le fait pas n'importe comment.
En fait, ils essaient de synthétiser tous les grands courants de pensée.

La socialisation permet de saisir des rapports de faits entre la réalité objective et la projection que l'homme s'en fait. En utilisant la socialisation, on peut mieux comprendre les contraintes sur la liberté des individus (interaction entre eux).
On peut remarquer deux aspects du processus de socialisation:

Objectivation de la réalité:
La réalité est perçue comme donnée, voir imposée. Cela induit un sentiment d'indépendance vis-à-vis d'un monde qui apparaît contraignant et opaque, car on n'en saisit pas le sens.
Cette réalité est prise comme un objet par ceux qui viennent au monde. Intériorisation de la réalité:
La réalité a un sens, que l'on apprend. On parle de réalité subjective, car on crée une abstraction du monde, avec un sens précis.
Ce monde répond au besoin cognitif de l'homme.
On parle alors d'intersubjectivité lorsqu'on met en commun un ensemble de ces réalités.

La construction du monde passe par le langage, qui permet les relations interpersonnelles, puis la mémoire et la capacité réflexive. Cette mémoire et capacité réflexive tirent leur sens dans le fait qu'un monde construit peut être également déconstruit. Pour entraver toute déconstruction, on a la mémoire.

Pour pouvoir mieux réorienter la politique, il convient peut-être de penser un peu plus en profondeur au déterminisme politique.

On a eu un exemple de construction politique de la réalité avec Montesquieu.



3.4 LES COMPORTEMENTS POLITIQUES

Observer des réactions objectives.
Les études du comportement ont pour sujet principal le adultes.


A. LA PARTICIPATION

Elle s'oppose à l'abstentionnisme et désigne le degré d'engagement de l'individu dans la vie politique. Elle est facilement observable, et est une question importante, car on touche à une valeur démocratique importante. On souligne le fait qu'au 18e, on a l'apparition de l'universalité des droits politiques.
Au cours de l'histoire est apparue la notion de consentement politique.
Elle est un enjeu politique important: les gens sont prêts à défendre leurs droits.
Elle subit un décalage dans le temps et l'espace.
Elle n'est jamais universelle, et même rarement satisfaisante.

Interprétation: conflit entre faits (pratique) et idéal (valeurs).

La représentation n'est pas assurée:
la version optimiste dit que même dans ce cas, la proportionnalité est conservée.
la version pessimiste prétend que seuls les individus les mieux insérés socialement sont susceptibles de participer. Il en résulte que ceux qui ont le plus besoin des actions politiques n'agissent plus.

Théorisation: Cette idéologie de la théocratie est dangereuse.

1. KEY
Concept de la stratification politique pour désigner le degré de participation auquel un individu appartient.
Cette appartenance à une strate découle d'un sentiment d'efficacité sociale ou au contraire d'inefficacité. Ce sentiment est subjectif, mais il obéit à quelques invariant classifiables.

2. BOURDIEU

Il se penche sur la participation politique des adultes, cette participation reflète la reproduction des classes, qui elles-mêmes sont l'origine du sentiment d'efficacité, ou d'inefficacité. Malgré cela, on ne naît pas inefficace ou efficace, on le devient.

Il a une vision dynamique de la société, mue par l'éducation. On peut trouver cela exagéré, mais Bourdieu soulève tout de même le fait que tout le monde n'est pas passif. Il dénote un phénomène d'autoexclusion de la politique, ce qui met en doute la validité des décisions politiques.
Bourdieu met ce processus d'autoexclusion en relation avec le concept de prédiction créatrice, en l'occurrence, d'exclusion politique.
D'un autre côté, on ne peut rendre le vote obligatoire, alors il faut chercher d'autres possibilités. Ainsi, les chercheurs ont trouvé le rôle prédominant que joue l'instruction dans la diminution des différences et dans le développement de la participation politique.
Cela nous suggère que la nature de la pratique politique implique des règles et des concepts propres au monde politique.

Les deux auteurs mettent en évidence des mécanismes d'exclusion.


B. LE COMPORTEMENT ELECTORAL

On a trois aspects du comportement électoral:
Le choix: comment s'opère-t-il?
Le vote des classes.
Les changements de valeur.

1. LE CHOIX

Lazarsfeld et al. mènent une étude dont l'hypothèse est la suivante:

Hypothèse: Sensibilisation aux masses publiques et aux médias.
Pratiquement: Ils vont observer l'émergence des médias. Ce fait social est perçu par:
Les pessimistes comme une dangereuse possibilité de manipuler l'individu.
Les optimistes comme un moyen de critique à la portée de tous.

De façon surprenante, ils trouvent que les médias ne jouent pas de rôle particulier dans le choix électoral. En creusant un peu plus, ils découvrent que ce sont les relations interpersonnelles qui jouent le plus grand rôle, car il s'agit d'un échange d'information (classe, richesse, milieu géographique,…). Ce flux passe par deux étapes:

Les leaders d'opinion, qui sont une minorité de personnes qui vérifient l'hypothèse selon laquelle les médias sont déterminants dans les choix électoraux.
Le filtrage de l'information à travers les relations interpersonnelles par le leadership.

Pour Lazarsfeld et al., ce résultat est encourageant, car il leur permet de définir différemment l'élite. Elle devient fonction de l'information: à chaque type d'information correspond un type de leadership. Ce qui la rend plus difficile à manipuler. D'autre part, il apparaît que ce processus à deux étapes échappe au sens commun.

2. LE VOTE DES CLASSES

Aussi appelé vote normal, on vote de prime abord en fonction des intérêts matériels, ce qui divise la société en deux pôles:

Les possédants, qui votent conservateurs, à droite donc.
Les non possédants, qui votent réactionnaires, à gauche.

Or on remarque que l'hypothèse ne peut être vérifiée, il doit donc intervenir d'autres facteurs.
(cf. indice de vote de classe de Alford, qui montre un déclin au cours du temps)

3. CHANGEMENT DE VALEURS

Inspirés par Maslow, ce concept introduit la notion de dynamique nécessaire. Les chercheurs ont essayé d'appliquer ce concept à l'échelle des sociétés:
Des valeurs matérialistes qui devraient finir par satisfaire les besoins essentiels des individus. Par exemple le taux de croissance, l'ordre, la sécurité.
Des valeurs post-matérialistes qui visent à satisfaire des besoins plus abstraits. Par exemple, les libertés, ou la qualité de vie.

Ils semblent remarquer des catégories sociales s'accordant à chacun des niveaux du concept besoins de Maslow. Ainsi, on peut peut-être y trouver des raisons de l'évolution de la société depuis 1949.

Ils ajoutent qu'un individu peut régresser: sous l'effet d'une crise, les valeurs matérialistes deviennent prédominantes.
Cette étude a donné matière à de nombreuses enquêtes.


C. AGGRESSION ET REVOLUTION

Des écrits d'auteurs, et de leur interprétation, les chercheurs ont expérimenté la réalité, ont formulé des oppositions et des conclusions:

1. FRUSTRATION  AGRESSION
(Dollard et al., 1939)

On cherche l'explication du comportement agressif dans une cause extérieure à la psychologie des individus, par exemple dans le milieu pour le marxisme. Dollard, lui, les voit dans les frustrations/privations.
Pour lui, plus la classe est démunie, plus le niveau de privation est élevé. Et plus le niveau de privation d'élève, plus la propension à avoir des comportements agressifs s'affirme. Pourtant, il montre aussi que la relation n'est pas linéaire, car la privation absolue mène à l'apathie. Ainsi, l'hypothèse de base est falsifiée. Il convient donc de se concentrer sur la privation relative. Partant de là, on observe deux orientations de recherche:
Marx vs. Tocqueville: privation relative subjective.
Dans le manifeste du parti communiste, Marx dit que "les prolétaires n'auront plus à perdre que leurs chaînes, et alors la révolution éclatera naturellement."
Pour lui, la différence s'accroît à cause de la différenciation croissante des classes, c'est une relation linéaire.

Pour Tocqueville, "la dégradation des conditions mène à la révolution."
Le moment le plus dangereux pour un mauvais gouvernement est lorsqu'il amorce la réforme. Dès que l'espoir renaît, l'apathie disparaît. On a ici une relation parabolique, avec un maximum de risque à un point donné. Dans le dénuement absolu, l'apathie est absolue.

Pour ces chercheurs, la privation relative et subjective est l'explication de l'agressivité.
En pratique, ce ne sont effectivement pas les plus démunis qui sont les plus réactionnaires, mais ceux qui le peuvent, d'où la subjectivité.

Marx vs. Weber: Privation relative structurelle.
Ici, c'est l'écart et la proportion des classes qui provoquent la rupture.

Pour Weber, il existe plusieurs catégories de classes: prestige, richesse, … La multiplication des échelles de classe est un élément de stabilité. Les classes extrêmes mais homogènes, même à l'extrême dénuement, sont stables. Ce sont les déséquilibres qui provoquent un danger de rupture.

Pour Marx, l'écart entre les classes possédantes et non possédantes tend à s'élargir: les riches s'enrichissent toujours plus, et les pauvres le sont de plus en plus.
Aujourd'hui, la naissance n'est pas un facteur clé du statut social, car on a une multiplication des hiérarchies. Par contre, ce sont toujours les classes moyennement défavorisées qui sont sources de revendication. Ainsi, une apathie des classes ne peut provenir que des plus aisées, et des plus démunies.

On distingue aussi des classes selon leurs caractères innés ou acquis:
 innés (nég.): appartient à des classes peu instruites, des minorités discriminées.
 acquis (pos): appartient à des classes instruites.

On voit que les sociétés à caractères innés sont plus susceptibles d'être des foyers de révolte. Ce sont ces personnes qui sont porteuses de changement car elles participent peu en temps normal, d’où rupture (rapport au matérialisme).


4. CONSTITUTIONS ET INSTITUTIONS

4.1 INTRODUCTION

A. LES INSTITUTIONS

Instituer = établir de manière durable.

Propriétés:
Elles sont créées (pas seulement sur le plan politique).
Elles sont durables, par opposition à des expérimentations, ou autres.

On les crée pour régler un état de faits, ou de circonstances (lois, coutumes, etc.). Les institutions politiques existent de fait depuis longtemps, elles sont des structures définies par une constitution.


B. LA CONSTITUTION

Elle est une charte écrite et unilatérale.
C'est une création humaine, ce qui n'est pas sans importance. En effet, on se rappelle de "la construction sociale de la réalité" de Berger et Luckmann: "L'homme construit une réalité qu'il expérimente ensuite comme un objet indépendant."
C'est un paradoxe philosophique et sociologique, mais qui s'applique à une quantité d'autres domaines. On en retient que le corollaire en est la déconstruction de la réalité.

Nous pouvons faire le lien entre les institutions qui changent, restent ou sont transformées. Il s'agit d'un phénomène de construction et de déconstruction.


C. LA SEPARATION DES POUVOIRS

C'est un thème récurrent des institutions.
Locke est reconnu pour avoir formulé le principe en premier, mais quelque Grec ancien avait déjà amorcé une réflexion sur le thème de l'équilibre des pouvoirs comme arme contre le despotisme. Quant à Locke, qui vécu lors de la période de profonde sécularisation et en même temps que Hobbes, il lui est évident que la société est une création de l'homme. Par contre, il ne s'accorde pas avec son contemporain Hobbes sur la question des pouvoirs.
En effet, alors qu'Hobbes prône un pouvoir absolu et centralisé, Locke défend une séparation des pouvoirs législatif et exécutif, avec primauté du législatif en cas de conflit.
Montesquieu, plus tard, va mettre en avant cette démarche de séparation des pouvoirs: il faut empêcher à tout prix le pouvoir absolu. Pour lui, la complexité de la société doit se refléter dans les différentes parts du pouvoir, c'est pourquoi le législatif doit se doter de deux chambres (bicaméralisme), afin de représenter le plus également possible l'ensemble de la population. Puis pour arbitrer le déséquilibre entre exécutif et législatif, il faut instaurer un troisième pouvoir: le juridique.
Il a tiré la leçon de ses nombreux voyages, durant lesquels il a observé deux tendances principales: soit le pouvoir se centralise et est laissé à lui-même, soit il est dispersé et il s'épuise. C'est un ainsi que: "Seul le pouvoir peut arrêter le pouvoir." Pour Montesquieu, c'est là la clé de la stabilité d'une société: diviser les pouvoirs pour qu'ils s'entre-équilibrent, mais pas trop, afin qu'ils gardent une certaine force. C'est à l'homme de veiller à cela et de se garder de toute monopolisation de pouvoir. La société se complexifiant toujours davantage, il est préférable de séparer les tâches, et cela vaut aussi pour la politique.

Nous remarquons d'ailleurs que le principe est universel; seules l'application diffère. Nous n'étudierons que deux cas ici: les Etats-Unis et la Communauté Européenne.
Lorsqu'on parle de séparation des pouvoirs dans la pratique, on parle souvent de "Poids et contrepoids" (checks and balances). Cette expression donne la juste mesure de l'esprit de la séparation des pouvoirs en fonction de l'applicabilité. En effet, la pratique n'est pas si simple, car il faut tenir compte de:
La séparation effective des pouvoirs.
L'égalisation: chaque pouvoir doit avoir un rôle concret; pas de pouvoirs d'opérette.
La coopération, qui donne une dynamique indispensable au système, car elle préserve ce dernier de tout blocage entre les différents pouvoirs.

Le système américain passe pour être le plus proche d'une réalisation idéale.
Nous n'aborderons pas ici la séparation horizontale des pouvoirs, mais il faut savoir que l'on parle également de séparation verticale, synonyme de fédéralisme, qui s'applique à empêcher toute centralisation du pouvoir.


4.2 L'EXEMPLE DES ETAS-UNIS

A. LA GENESE DE LA CONSTITUTION AMERICAINE

On a tout d'abord la déclaration de l'indépendance en 1776, qui marque la rupture d'une douzaine d'Etats de la côte Est.
Construction de la constitution:

1781-1787: articles de la confédération
Ils donnent naissance au congrès, le moteur délibératif du pouvoir législatif. C'est un échec cuisant: le gouvernement est faible, les décisions ne sont pas communes, il n'y a aucune politique économique commune et les relations internationales sont désastreuses.

La convention de Philadelphie
Elle réunit environ une cinquantaine de personnes, principalement fortunées et éduquées, mais qui mettent en marche la machine des poids et contrepoids.
En 1787, sous l'impulsion de Georges Washington, ils vont amender la Charte des articles de la confédération, afin d'arriver à un compromis durable entre démocratie et solidité d'un gouvernement.
En trois mois, ils vont écrire la Constitution américaine; ils parcourront ensuite les douze Etats pour défendre le projet. En 1789, la Charte est signée, elle est ratifiée en 1791: c'est le début des Etats-Unis d'Amérique.

Tocqueville, quelques années plus tard, préférera le système américain au français, car il s'est établi sans faire couler de sang.
Et pourtant, sa Constitution est l'une des plus courtes qui soient. En effet, cela montre la volonté des pères fondateurs de ne pas régler tous les problèmes, et de laisser libre cours à l'interprétation concurrente. C'est sans doute cette dernière qui a permis l'évolution de cette constitution dans le temps.

Il faut réaliser l'importance de cet événement dans l'histoire politique: elle n'est pas moindre que celle de la Révolution française, ou de celle de la Révolution bolchevique. Ce fut une révolution en douceur, sans violence, mais tout aussi significative.

La Constitution des Etats-Unis est extrêmement importante quant aux références historiques, qui font montre d'un haut degré d'éducation des pères fondateurs, mais aussi géopolitiques, car elle se réfère au cas de la Suisse confédérée et au conflit de la souveraineté des Etats face à celle de la confédération.

Ce sont ces derniers points qui mettent le mieux en valeur le principe de poids et contrepoids appliqué à la Constitution Américaine.


B. LES TROIS POUVOIRS

1. LE LEGISLATIF

Incarné par le Congrès, constitué de deux chambres:
la Chambre des représentants, dite la chambre basse, qui compte 435 membres.
le Sénat, dit chambre haute, qui est constituée de 100 membres.

Les chambres sont indépendantes, mais coopèrent. Dans la première, les participants représentent des forces politiques, au prorata des Etats représentés, alors que la seconde est composée de deux représentants par Etat.
Les représentants sont mandatés pour deux ans seulement et les sénateurs pour six ans. Le Président a un mandat de quatre ans renouvelable une seule fois. Il existe aussi une différence d'âge entre les représentants et les sénateurs. De plus, la chambre des représentants est hiérarchisée et non le Sénat.
Au niveau de la coopération, le Congrès se réunis quelques fois l'an. Si le cumul de fonctions est interdit, on assiste à certains changements de chambre, le plus souvent de représentants reconvertis en sénateurs et ces personnes emportent avec elles leur expertise ainsi que leurs contacts, ce qui contribue officieusement à la coopération entre les deux chambres. Lorsque le Congrès est attaqué par l'exécutif, on assiste généralement à une action commune des deux parties.
Dans l'article premier de la Constitution Américaine, le budget est attribué à la chambre basse, alors que les affaires extérieures sont l'apanage de la chambre haute.

D'autre part, le législatif a pouvoir de révoquer des membres de l'exécutif (président, haut fonctionnaires, etc.) et du juridique (juge, fonctionnaires, etc.): c'est ce qu'on appelle l'impeachment. Ces dispositions ne sont pas exclusives aux Etats-Unis, on les trouve également en Europe sous la forme de motions de censure. Mais l'impeachment est plus juridique que politique, alors que la motion de censure n'a pas de dimension juridique. La procédure d'impeachment est votée par la chambre basse, et c'est le Sénat qui la mènera et portera jugement.

L'article premier stipule également que le législatif a tous les pouvoirs, excepté lorsqu'il s'agit de législation étatique: séparation verticale des pouvoirs.

L'objectif du Congrès est de servir le peuple, l'intérêt et le bien-être général, ce qui explique son évolutivité. Il mandate des commissions, et agit généralement sous l'impulsion de caucus: des groupes qui défendent des intérêts divers, et qui représentent ainsi l'hétérogénéité de la société au Congrès (défense des minorités, des régions, écologie, etc.). Au total, on estime à 30'000 le nombre de collaborateurs qui œuvrent pour le Congrès.

De nos jours, le rapport de force entre législatif et exécutif tend à pencher en faveur de ce dernier, car le législatif est plus fragile, moins spécialisé. En effet, dans la complexité de notre société, le législatif est moins susceptible d'avoir une position forte vis-à-vis de l'actualité. Néanmoins, on attribue au Congrès américain une importance inégalée, car il dispose de moyens puissants et a toujours un taux d'initiative élevé.

2. L'EXECUTIF

Il a deux caractéristiques essentielles:
Il change avec son administration
Le président a une existence constitutionnelle, mentionnée dans l'article second.

Pour limiter une possible concentration de pouvoir dans les mains du président, les pères fondateurs ont posé dans l'article second des limites de mandat (quatre ans) et d'âge minimum. Après que Roosevelt a été réélu une troisième fois, le Congrès a décidé de limiter le nombre de mandats à un maximum de deux.
De plus, le président peut être sujet à impeachment. Ce pouvoir de révocation n'a pas d'équivalent du côté de l'exécutif: il n'est pas possible, comme en France, de dissoudre le Congrès.

Le président a pouvoir de nommer son administration, et également les juges. De plus, avec l'aval du Congrès, il est habilité à signer un (ou plusieurs) traité international. Il est le commandant des armées et a pouvoir de grâce. Sur le plan législatif, il n'a pas de pouvoir, sinon un droit de veto limité dans le temps; il peut en outre recommander des mesures législatives au Congrès, ce qui amène un peu de professionnalisme dans la sphère du législatif. Cela n'est pas exceptionnel: c'est une possibilité ouverte dans la plupart des pays démocratiques.
Son élection suit deux étapes:
le peuple élit un collège électoral
le collège électoral élit le président.
A l'origine, ce système était destiné à ne pas donner trop de pouvoir au peuple, ce qui est plutôt paradoxal pour la première démocratie du monde.
Le collège est constitué de la même manière que le Congrès, mais pas des mêmes personnes. On a donc 435 participants au prorata des Etats, 100 représentants des Etats (deux par Etat), et en plus, 3 électeurs élus par l'Etat de Columbia (Washington D.C).

Il faut réaliser que ce système est un anachronisme. En effet, le collège est élu selon l'étiquette politique des candidats. Une fois ce collège élu, on sait qui sera le président.

Parmi tous les membres de l'exécutif, le président et le vice-président sont les seuls à être élus, alors qu'ils en constituent la direction et qu'ils remplissent une fonction unique. Ainsi ils ont des concurrents, mais pas d'équivalent (comme en Angleterre par exemple). Le secrétariat d'Etat est quant à lui nommé et est constitué de 19 secrétaires.

Aujourd'hui, les médias sont devenus un outil important de l'exécutif, alors qu'ils le sont moins pour le législatif.

3. LE JUDICIAIRE

Le judiciaire n'est que très peu décrit dans l'article troisième de la Constitution Américaine.

La cour suprême présente quelques facettes politiques car c'est le sommet d'une double hiérarchie:
d'une part, c'est l'instance supérieure du judiciaire
d'autre part, c'est l'aboutissement de la procédure étatique, donc de la séparation verticale du judiciaire.
Ces deux points sont présentés dans l'article troisième de la Constitution. La cour suprême est composée de neuf juges nommés et non élus par l'exécutif:
8 associate justice
1 chief justice
Ce chiffre impair garantit la possibilité de jugement arrêté.

Il n'y a pas de limite de mandat pour les juges. Ainsi, une fois nommés, ils restent en fonction jusqu'à concurrence d'impeachment. La constitution a cependant limité la juridiction de la cour suprême à des questions importantes, pour qu'ainsi elle remplisse un certain rôle d'arbitre, également politiquement. Ce rôle d'arbitre a été voulu par la société, donc la critique de la non-élection des juges est irrecevable. En outre, la cour suprême traite des cas concrets, et elle n'a aucun pouvoir d'initiative. Ces trois points posent les bases de sa légitimité.
Son rôle principal est le contrôle de la constitutionnalité des lois, c'est elle qui fait le lien entre passé et présent, entre l'esprit de la Constitution et la réalité concrète.
Son influence politique n'est pas dénuée de tout intérêt, car si le judiciaire n'a pas de pouvoir en dehors de sa juridiction, il a le droit de dire les choses comme il le pense et comme elles semblent le mieux servir l'esprit de la constitution. Cela illustre une certaine autorité morale, qui incite à la prudence visible dans la jurisprudence. Cette dernière opère parfois des renversements de doctrine qui peuvent avoir une lourde signification politique.

Exemple: Le changement de mentalité face aux Noirs
Rappelons le parcours historique de cette problématique:
esclavage au temps de l'établissement.
guerre civile.
amendement imposé par les vainqueurs.
abolition de l'esclavage, mais pas de promotion de la liberté des Noirs, ce qui crée petit à petit une ségrégation raciale.
la Cour suprême est saisie pour statuer sur la normalité de cette situation. Elle l'affirme en argumentant qu'égalité est indépendant de séparation et que la préservation de la paix civile prime.
vers 1953, la Cour suprême est saisie à nouveau pour une question de ségrégation dans l'enseignement. La Cour donne raison au plaignant: le juge Warren dénonce le principe du séparé – égal comme étant contraire à l'esprit de la constitution. D'autre part, il donne l'argument que la ségrégation dans l'enseignement aboutit à des différences entre les individus. Cette décision va avoir une influence car elle sera reprise par les personnages politiques.

La structure intermédiaire du pouvoir judiciaire, ce sont les groupes de pression.

Chacun des trois pouvoirs a étendu son terrain d'influence, et ce peut-être aux dépend du congrès. Mais ils continuent à s'auto-équilibrer et à coopérer pour construire l'ordre du pays.




4.3 LA COMMUNAUTE EUROPEENNE

Commentaire du schéma:

1e point: multiplicité des pouvoirs exécutifs
2e point: la communauté étant inachevée, il faut encore séparer souveraineté des Etats (à droite: intergouvernementalité) et communauté (à gauche: intégration).


A. GENESE

On a toujours la contradiction de la double souveraineté, mais l'existence d'un ennemi (Allemagne, puis Russie) va pousser les pays européens à s'unir.

Dans les années 20, Coudenhove Kalergi prône l'idée de paneuropéenne. Dès la deuxième guerre, on entend le terme "Etats-Unis d'Europe".
En 1946, Churchill prononce à Zurich un discours en faveur d'un Etat européenne. Le plan Marshall va désigner un peu plus l'ennemi nouveau: la Russie.
Puis on a la conférence de la Haye, un groupement d'élites d'où ressort le souhait d'une Europe comme celle de Churchill. Il en découle la création du Conseil de l'Europe, sis à Strasbourg. Ce conseil, composé d'abord de 10 ministres des affaires étrangères se dote d'une assemblée parlementaire consultative, ainsi que d'une cour européenne des Droits de l'Homme. Actuellement, 41 membres en font partie, mais son rôle n'est toujours pas très bien défini, sauf en ce qui concerne sa Cour Européenne des Droits de l'Homme. Sa structure légère lui a permis d'intégrer les pays de l'Est après la chute du Mur de Berlin.

Certains ne se satisfaisant pas de cette structure légère ont développé d'autres voies:

1951: Création de la CECA, les instigateurs Monnet et Schuman proposent un renforcement des échanges d'acier et de charbon. Leur idée est de partir d'échanges simples pour arriver finalement à une communauté politique. Ils commencent tout d'abord par rapprocher l'Allemagne et la France, puis proposent une Haute Autorité, un Conseil des ministres, une Assemblée parlementaire consultative mais élue et une Cour de Justice. Tout cela peut paraître excessif pour le cadre restreint de la CECA, mais ils ne cachent pas leur objectif avoué. Avec la création de la CECA, on a aussi instauré une Haute Autorité sensée être un club de 9 sages (dont Monnet était président). C'était une institution chargée de promouvoir la communauté dans un esprit d'intégration. Il propose ensuite que les ministres nationaux l'aide: Conseil des ministres.

1952: Monnet fait un pas de trop en proposant la CED, communauté de la défense. Les pouvoirs exécutifs sont d'accord, mais les parlementaires et les populations ne sont pas encore prêtes et rejettent fortement le projet. Cet échec balaie tous les projets de communauté européenne et induit une période de fort relent nationaliste.

Petit à petit, certaines élites vont relancer l'idée de coopération en Europe. Notamment Spaak, un belge qui établit les projets de l'EEE et de la CEEA (Euratom).

1957: Les traités de Rome donnent au Conseil des ministres un pouvoir prépondérant, cela induit moins de supranationalité et plus d'intergouvernementalisme par rapport à la CECA. La CECA était un modèle réduit préliminaire, avec un objectif bien précis: une communauté politique.

Dès les traités de Rome, la Haute Autorité disparaît, et laisse la place à la Commission. On assiste alors à une rocade entre Conseil (nationaux) et Commission (indépendants). Le Conseil européen déclare son pouvoir suprême au sein de la communauté, même si les faits relativisent la situation.

La période qui suit 1957 est celle d'un "profil bas", avec comme objectif l'élargissement de l'union, alors seulement possible car le cadre institutionnel était léger. C'est un succès: échanges et recherche se développent.

~1965: La CECA, la CEE et la CEEA fusionnent pour donner les Communautés européennes.

1987: Après une longue période d'élargissement (voir ci-après), l'Acte Unique est ratifié par les 12. Cet acte se rapproche déjà plus d'une constitution: il est beaucoup plus court que les traités et ne pose que les grands principes (concilier coopération et intégration par exemple).

Cet acte promeut la cohésion sociale et économique ( Grèce, Espagne, Portugal), ce qui fait partie des nouveaux domaines que la communauté se propose de prendre en charge. Autre exemple: la Charte sociale. Elle va s'occuper également de l'environnement et établir la coopération scientifique et académique.

La majorité qualifiée est encouragée au sein des conseils, qui jusque là ne suivaient que la règle de l'unanimité ( la chaise vide). L'unanimité se pratique encore, mais on utilise la majorité qualifiée (= au prorata de la taille des pays) assez souvent.

Le Conseil européen est institutionnalisé, il doit dès lors suivre la réglementation, notamment en ce qui concerne les réunions régulières (deux fois l'an).

Le Parlement acquiert une légitimité plus solide et plus de pouvoir.

1992: Traité de Maastricht: objectifs de l'Acte Unique plus accentués. Officialisation du terme Union Européenne.
1998: Traité d'Amsterdam.


N.B:
Institutions européennes  Institutions de l'union européenne
 
Tous les pays du Vieux Continent font partie du Conseil de l'Europe (même la Russie) Seuls les Quinze membres de l'UE y participent


B. ELARGISSEMENT

1957: Les Six signent les Traités de Rome: France, Allemagne, Italie, Belgique, Pays-Bas, Luxembourg.

C'est ensuite la période du "profil bas", durant laquelle la Grande-Bretagne pose sa candidature.
1973: La Grande-Bretagne entre dans l'Europe, avec l'Irlande et le Danemark (+Groenland, qui va demander à quitter l'UE lors de son indépendance) pour former l'Europe des Neuf.
1981: La Grèce adhère: Europe des Dix.
1986: L'Espagne et le Portugal suivent. On réalise que les pays candidats sont de plus en plus pauvres, ce qui induit une remise en question du système de coopération simple, qui n'est alors plus suffisant. Il s'établit une réflexion sur les rapports Nord-Sud qui sera bénéfique à l’ensemble des Douze.
1995: La Suède, la Finlande et l'Autriche entrent dans l'Europe et complètent les Quinze.


4.4 LE POUVOIR LEGISLATIF DE L’UE: LE PARLEMENT

1. Descriptif

Il fait partie des institutions penchant vers l'intégration. Au départ, il s'appelle Assemblée (comme l'assemblée parlementaire du conseil de l'Europe). Mais dès l'acte unique, le terme de Parlement est consacré.

Jusqu'en 1979, il est constitué de députés nationaux, mais dès cette date, les parlementaires sont élus au suffrage universel (résultat d'une évolution d'un électorat national vers un électorat européen). Aujourd'hui, le Parlement est fort de 626 membres et a trois sièges centraux:
Strasbourg, où se déroulent les réunions plénières.
Bruxelles, où se trouvent les commissions parlementaires (lien avec la Commission).
Luxembourg, où se trouve l'administration parlementaire.
Il est monocaméral, ce qui est pour le moins étrange. On considérait en effet que le Conseil des ministres remplissait la tâche de représentation des Etats, or c'est une institution de l'exécutif, non du législatif.
Depuis 1990, le Parlement organise des assises parlementaires avec les parlements nationaux des pays membres.

Les parlementaires ont un mandat de 5 ans, non cumulable. La répartition est partisane: 7 groupes parlementaires dont deux grands le Parti Socialiste Européen (PSE) et le Parti Populaire Européen (PPE), formé en grande partie par des démocrates-chrétiens. Ces deux partis contiennent déjà les 2/3 des parlementaires. Parmi les 5 autres, on trouve les Verts, la Gauche Unitaire, etc.
Le Président du Parlement est élu pour deux ans et demi, et en alternance entre les deux partis principaux.

2. Historique

Conçu comme un embryon d'unité législative, il est tout d'abord consultatif.
Le pouvoir budgétaire lui est ensuite attribué, mais ça ne suffit pas pour lui donner quelque pouvoir. Bien qu'on l'ait doté d'un droit de censure dès le début, ce n'est pas précisé contre qui ("l'exécutif"). Le Conseil devient petit à petit hors d'atteinte, finalement totalement exclu du droit de censure, et la motion ne peut alors s'appliquer qu'à la commission, ce qui n'est pas profitable puisqu'elle suit les mêmes aspirations (intégration). L'arme est utilisée finalement en 1998 (mais le Parlement avait déjà beaucoup plus de pouvoir…).

On a eu une évolution à la fois quantitative (de 142 à 626 membres) et qualitative (de part sa structure et son pouvoir). D'abord consultatif, il devient coopérateur du Conseil européen avec l'Acte Unique et depuis Maastricht, le Conseil n'a plus le droit de passer outre l'avis du Parlement: ils co-décident

En 1984, Spinelli établit un projet de Traité du Parlement européen qui assoirait son pouvoir, et dissoudrait les Conseils pour en tirer une deuxième chambre législative. Ce projet est un échec, mais on en retrouve de nombreux éléments dans l'Acte Unique.

3. Caractéristiques

Par rapport au pouvoir législatif américain, le cas européen est très évolutif. Dès les Traités de Rome, il y a eu des changements, notamment :

de l’identité de l’animal politique : plus nombreux, mais aussi sur le plan qualitatif. Au début, il était caractérisé par sa nationalité. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas, de par l’introduction de l’élection au suffrage universel (pour lui octroyer plus de légitimité). Ainsi, sur 626 parlementaires, plus de 400 sont soit dans le PSE soit dans le PPE. Mais néanmoins, le parlement représente une société qui a sa propre distribution partisane, indépendante de celle des Etats membres.
Sur le plan des pouvoirs, l’évolution de la séparation des pouvoirs et de sa structure se rapproche peu à peu de la vision de Montesquieu : le parlement, porté par un « peuple européen » émergeant, a acquis petit à petit de plus en plus de pouvoir, en étendant à la fois un bras vers la Commission (motion de censure, investiture, commissions parlementaires) et un bras vers les Conseils (codécision).

Il convient de s’intéresser au fait que l’Europe ait 11 langues officielles. Aussi défiant que cela puisse paraître, on voit bien ici l’illustration de la volonté du Parlement de représenter un peuple européen. Or pour qu’il reste démocratique, il est nécessaire que ce Parlement soit choisi en toute objectivité, indépendamment d’une limitation par les langues des candidats. Cela a pour conséquence de mobiliser un grand nombre d’interprètes (1/3 du personnel du Parlement), ce qui coûte beaucoup.

D’autre part, il faut réaliser l’évolution de la société qui s’est produite dans le cadre de l’Union Européenne : les populations se sont dotées d’institutions communes symboliques telles le passeport européen, l’euro, etc. Mais d’un autre côté. On a le rejet de toute uniformisation des cultures (régionalisme). Et les institutions européennes se sont adaptées pour garantir ces objectifs.



4.5 POUVOIRS EXECUTIFS DE L’UE : CONSEILS ET COMMISSION


A. LES CONSEILS

1. Caractéristiques

Lorsqu’on parle des conseils, il s’agit du Conseil européen et du Conseil des ministres. Ils sont tous deux situés du côté intergouvernemental, car ils sont composés de représentant des Etat-Nations. Il y a toujours quinze membres (chefs d’Etat dans le Conseil Européen, et des ministres dans le cas du Conseil des ministres) plus un représentant de la Commission (le Président pour le premier et le commissaire ad hoc pour le second).

Le Conseil Européen
Se compose de Chefs d’Etat, et a proclamé ses pleins pouvoirs dans les Traités de Rome. Il ne se réunit que deux fois l’an.
Le Conseil des ministres
Il se compose des ministres concernés par l’affaire qui l’occupe (par exemple, ce seront les ministres des finances qui se réuniront sur une question d’économie, etc.). Le Conseil des ministres se réunit beaucoup plus souvent que le Conseil Européen. Ces réunions ont lieu soit à Bruxelles, soit dans une ville choisie par le Président du Conseil des ministres.
La présidence du Conseil, qui est d’une durée de 6 mois, s’accompagne d’une « troïka » : chaque président est épaulé par son successeur et le secrétaire de la politique étrangère et sécurité commune (PESC)

Les décisions effectives ne sont pas prises par le Conseil européen, mais par le Conseil des ministres, car le premier n’est pas décisionnelle, il n’est que délibératoire. Ainsi, dans le Conseil des ministres, les décisions se prennent :
Soit à l’unanimité, qui n’est pas pratique, car elle est difficile à obtenir.
Soit à la majorité simple.
Soit à la majorité qualifiée, option de plus en plus pratiquée, et dont le fondement figure dans l’Acte Unique. Ainsi, l’Allemagne, la France, l’Angleterre et l’Italie disposent de 10 voix, l’Espagne de 8, etc. jusqu’au Luxembourg qui en dispose de 2 ou 3. Pour que cette option soit efficace, elle nécessite la mobilisation de 2/3 des voix, cette technique est donc plus exigeante que la majorité simple.

2. Pouvoir

Les pouvoirs des Conseils sont exécutifs à l’intérieur des Nations, mais quasi législatifs dans le cadre européen (initiatives et propositions). Ils représentent le sommet de l’intergouvernementalisme, et doivent néanmoins faire l’apprentissage de l’union.


B. LA COMMISSION

1. Caractéristiques

C’est l’entité qui a la meilleure connaissance des affaires, ce qui lui donne un certain pouvoir, malgré son statut officiel plus modeste que celui des Conseils.
Son siège est à Bruxelles et elle se compose de 20 commissaires (15 hommes, 5 femmes) qui sont nommés par les Etats. On y trouve souvent d’anciens députés.
Le mandat a une durée de 5 ans et est renouvelable. Ce qui s’harmonise avec le Parlement.
La fonction de commissaire n’est pas cumulable.
Le Président de la Commission est nommé par les Etats membres.
Chaque commissaire est responsable d’une direction générale, mais aujourd’hui, il en existe 36, ce qui signifie que les commissaires sont sujets à un cumul de tâches. Le personnel rattaché à ces directions générales est au nombre de 15'000.

2. Pouvoirs

Elle est la plus responsable de la vision technocratique de l’Union européenne, et c’est pourquoi elle a essuyé nombre de critiques. Car en effet, au début, c’était elle qui prenait les devants. Pour contrer ces déviances, on l’a soumise à l’institution par le Parlement et au droit de motion de ce dernier.
Dès 1957, la commission a un cumul de pouvoirs, et ce malgré son statut textuel moindre ; elle reste fondamentalement exécutive :
Elle s’occupe de l’intégration technique de l’Union Européenne (au niveau national surtout).
Elle a une fonction d’impulsion (proche de la fonction législative).
Elle est chargée de sauvegarder les traités, c’est-à-dire de contrôler le respect des textes (fonction judiciaire). Elle saisit pour cela la Cour de Justice.



4.6 LE POUVOIR JUDICIAIRE DE L’UE : LA COUR DE JUSTICE

1. Caractéristiques

Il convient de s’interroger sur son rôle politique…

Son Siège est au Luxembourg.
Elle se compose de 15 juges, et est présidée pendant trois ans par l’un d’eux, qu’ils ont désigné.
Leur mandat est de 6 ans, renouvelable, mais pas indéfiniment.
C’est le Conseil qui les nomme à l’unanimité et au secret.
2. Pouvoirs

Sa mission principale est de contrôler, comme une Cour nationale le ferait vis-à-vis de la Constitution, l’application du droit communautaire dans l’esprit de l’intégration européenne.

N’oublions pas que la cour se trouve vers le pôle communautaire, elle a développé :
des accointances avec la Commission, qu’elle a déjà soutenu dans les faits.
Une tension avec le Conseil.

Elle tend à ériger le droit communautaire en droit suprême sur le territoire de l’Union, ce qui permet il est vrai de dépasser les blocages au niveau des constitutions nationales.
Exemple : Arrêt Cassis de Dijon :
Produit français destiné à l’exportation vers l’Allemagne,
Cette dernière refuse, argumentant qu’incapable de catégoriser ce produit, cela pourrait mettre en danger le consommateur allemand,
La Cour de Justice est saisie
Considérants :
La défense du consommateur est excessive (disproportionnée).
Reproche à l’Allemagne de ne pas avoir plus de recul : si les Français ont autorisé ce produit, c’est qu’il n’était pas susceptible de mettre en danger leur santé, dès lors, pourquoi les Allemands devraient-ils avoir peur ?
Conséquence : établissement du principe d’équivalence des législations nationales
Par extension, ce principe se mue en principe général de reconnaissance mutuelle, qui peut dès lors s’appliquer à toutes sortes de domaines (académique, etc.).



ELEMENT DE SYNTHESE

Problème d’intégration : on n’a pas vraiment quitté le pôle intergouvernemental, mais on s’en éloigne petit à petit (émergence d’un « peuple européen ») :
Le poids des institutions a augmenté avec le temps : codécision du Parlement, investiture de la Commission, ainsi que sa soumission au droit de censure.
Les processus de décision du Conseil, qui a versé un peu plus vers une majorité qualifiée plutôt que de rester dans un système à l’unanimité, peu évolutif. Comme il doit se réunir régulièrement, cela implique un apprentissage de l’union.
« L’esprit de l’Union » se retrouve de manière plus manifeste, notamment à la Cour de Justice et dans le Parlement.


5. LES ACTEURS


Ce sont les protagonistes de la scène politique (personnages, partis), mais aussi les institutions. En général, on considère que ce sont principalement les partis et les groupes.

Le terme action rapporte notamment à:
opération: rendre concret une aspiration ou un plan.
influence.
activité: parole, acte.

On se souvient de Machiavel qui a essayé de cerner les actions et les rapports politiques, déjà à son époque.



5.1 L'ACTION COLLECTIVE

L'action collective est importante sur la scène politique car elle illustre une action menée par plusieurs individus, qui suit une orientation commune à tous.

Nous allons nous intéresser ici à trois auteurs qui ont contribué à éclaircir cette question de l'action collective: en posant la problématique de l'action collective par opposition à l'action individuelle. Et puis, ils ont soulevé un autre problème: cette action collective n'est visiblement pas spontanément issue de la somme des actions individuelles. C'est là la clef de l'action politique. D'autre part, ils sont tous des économistes ayant essayé de rendre compte d'un objet politique.


A. ROBERTO MICHELS (italo-allemand, début 20e)
économiste et considéré comme sociologue, mais plutôt politologue

Dans "Les Partis politiques" (1914, donc après la parution des thèses marxistes), dont le sous-titre est "les tendances oligarchiques des démocraties", il expose d'abord le problème de la domination d'élites dans les partis politique. Il tire cette conclusion de son expérience dans le parti socialiste. Puis il généralise sa thèse à l'ensemble de la société démocratique.

Un autre point important à propos de Michels est qu'il a essayé de synthétiser plusieurs sources (il a beaucoup lu), parmi lesquelles:
le marxisme, dans lequel il puise le thème de la démarche scientifique (déterminisme: lois qui régissent les sociétés d'hommes).
sa propre expérience du militantisme.
le léninisme ("Que faire?"), qui se bat contre un économisme trop poussé, contre un matérialisme exacerbé du marxisme:
il vise à obtenir autre chose que seulement des gains économiques.
il dénonce le marxisme absolu; pour Lénine, il ne suffit pas de subir, il faut agir.
Paretto, qu'il interprète pour expliquer pourquoi une élite se démarque, et quelles en sont les conséquences.
Mosca: chez qui il tire le concept moyens économiques + formule politique  hégémonie d'une élite.
le Bon, à qui il emprunte la psychologie des foules.

Il arrive à une conclusion qu’il nommera "La loi d'airain (iron law) de l'oligarchie" :

L’oligarchie surgit toujours dans un système démocratique à action politique, il argumente ainsi :

Les causes d’ordre technique sont :
La somme des volontés individuelles ne fait pas la volonté générale, par conséquent cette dernière doit être organisée. De plus, plus il s’agit de défendre une population importante (donc les classes démunies), plus l’organisation doit être conséquente et forte. On retrouve cette idée chez Lénine, qui avait établi une organisation analogique à l’organisation militaire. Cela implique deux choses :
La délégation du pouvoir, car la politique est complexe (besoin de spécialisation).
La professionnalisation de cette élite, qui découle sur une divergence d’intérêts entre le peuple et les dirigeants, divergence qu’il voit comme inéluctable. En effet, toute organisation née de la division du travail crée un intérêt particulier. L’élite tend à s’isoler.
Les causes d’ordre psychologique :
La divergence entre minorités et majorité.
Le sentiment d’indispensabilité qui se développe avec l’augmentation des qualifications.
Le goût que prend la minorité dirigeante à la domination.
Le pouvoir de la parole que seule une minorité sait utiliser, au travers de la formule politique, et dont elle use à l’excès.
Le besoin qu’a la masse d’être dirigée. On revoit ici les thèses de Machiavel et Weber, qui avaient déjà cherché à comprendre les liens entre gouvernés et gouvernants, au-delà de la simple domination. Il fait remarquer que la masse est en général peu critique vis-à-vis des meneurs, surtout lorsqu’ils agissent en son nom.

On peut s’interroger sur le hiatus de la démocratie (classe dirigeante vs. peuple) de même que sur d’autres institutions (église, sectes,…).

Aux trois questions suivantes, il répond :

Un parti révolutionnaire peut-il suivre une politique révolutionnaire?
Non, car la révolution, si elle veut être efficace, doit se doter d’un organisation, et plus elle veut avoir d’impact, plus cette organisation doit être importante. Or on sait que la complexité de l’organisation induit naturellement un facteur de conservation.
Un parti démocratique peut-il suivre une politique démocratique?
Non, car il existe une contradiction entre les principes de la démocratie (égalité) et ceux du partisannisme (organisation en groupes) . On peut lui reprocher d’exagérer quelque peu : il est possible de casser la logique de divergence des minorité, notamment par les élections régulières.
Est-ce incurable?
Oui, c’est un mouvement permanent, « Un jeux cruel qui ne prendra jamais fin ». Pour lui, le monopole du pouvoir, même dans les démocratie, est plus courant qu’on voudrait bien le croire
ÇáÑÌæÚ Çáì ÃÚáì ÇáÕÝÍÉ ÇÐåÈ Çáì ÇáÃÓÝá
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ÇáãÏíÑ Ã/ Øå ÇáÚÈíÏí
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äÞÇØ : 5321
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ãõÓÇåãÉãæÖæÚ: ÑÏ: INTRODUCTION A LA SCIENCE POLITIQUE Prof. C. Mironesco   ÇáÓÈÊ äæÝãÈÑ 28, 2009 6:35 pm


B. MANCUR OLSON

Il va débattre principalement de la rationalité de l’être humain, que l’on ne trouve pas chez Michels, et qui sera le fondement de sa théorie.

« La logique de l’action sociale » (1966), dont le sous-titre est « biens publiques et théorie des groupes », part du postulat que l’on tient pour acquis qu’économiquement, les individus défendent leur intérêt, et collectivement aussi. La volonté générale serait donc spontanément issue de la somme des volontés individuelles.
Olson élève sa critique en posant que les deux logiques (volonté générale, individuelle) peuvent agir de manière opposée.

« L’existence d’un intérêt collectif ne signifie pas que les individus vont agir dans ce sens. »

L’action collective peut produire un résultat contraire aux volontés individuelles, ainsi :
Le calcul individuel rationnel agit contre l’objectif commun.
On remarque un effet pervers : le bien public, étant non-exclusif, indivisible et général, n’est plus considéré comme payant par les individus (puisqu’il ne leur appartient pas en propre). C’est un conflit très apparent dans les grands groupes. Mais dans les petits groupes, il est plus facile d’arriver au consensus.
On voit bien qu’il peut y avoir un effet collectif non intentionnel et irrationnel découlant d’une somme d’actes intentionnels et rationnels.
Exemple : les consommateurs suisses vont faire les courses en France, car les prix y sont moindre ; à long terme, on verra donc une augmentation des prix en France.

Sa théorie paraît un peu simpliste si on l’étend sur le plan politique. Les politologues lui critiquent le fait qu’il analyse plutôt l’inaction collective que l’action proprement dite. Parmi les objections, on peut citer :
Les actions collectives peuvent être justifiées. Olson nous oriente vers un impérialisme de la sociologie économique (homo économicus).
Dans l’idée d’Olson, les individus sont individualistes. Il semble qu’il confonde donc réalisme et pessimisme : l’homme est à la fois individualiste et altruiste, et ce pour des raisons de survie.


C. HIRSCHMAN

Américain, comme Olson, il écrit « Exit, Voice […] » (1970). Une fois de plus, le sous-titre est explicite : « Les réponses, face au déclin des entreprises, des organisations et des institutions politiques ». Il s’intéressera à l’articulation des actions sociales.

Pour lui, l’homme suit dans ses actions le schéma suivant :















Il ajoute assez rapidement que ce sont des mécanismes régularisateurs pour des entreprises, par exemple, car elles ne réalisent pas toutes seules les attentes des clients.

Il va ensuite élargir sont concept :

Exit = toute tentative d’échapper d’une situation désagréable.
Voice = tentative de changer la situation.

Il montrera ensuite qu’il y a un lien entre formation (professionnelle) et choix intellectuels (choix du mécanisme) : en quelque sorte, se former, c’est se déformer.

Exemple :
Exit  relation de non-contact , mécanisme typiquement économique.
Voice  action politique par excellence, mécanisme socio-politique.

Nous remarquons d’ailleurs que les politologues ne s’occupent pas de l’Exit, car elle est souvent vue comme une action de désertion, de trahison, etc. C’est oublier les migrations massives et autres…

Pour Hirshman, Exit et Voice sont des mécanismes auto-régulés : il faut trouver le juste milieu. Pourtant, on conçoit facilement qu’au niveau de l’individu, Exit est plus facile que Voice.

Et puis ces deux mécanismes peuvent aussi être contradictoires :
Exemple : La contestation noire dans les années 50-60 (black Panthers)
Il établit que l’idéologie de la liberté est celle de l’Exit. La culture américaine de l’ascension sociale ne laisse qu’à une minorité la possibilité d’accéder au sommet. Puis, cette minorité va se détacher de la majorité (exit) et n’agira plus pour l’intérêt de cette majorité, mais pour son propre intérêt.
Autre exemple : La fuite de cerveaux.
Les bourses offertes aux habitants pauvres ont un effet pervers. Destinées à leur donner les moyens d’intervenir dans l’état des choses (Voice), elles leur donnent plutôt les moyens de s’extraire de cet état (Exit).

Finalement, Exit peut produire un sentiment de culpabilité, de regret de l’action protestative non entreprise (Voice).



5.2 LES PARTIS


A. ORIGINE ET DEFINITION

A l’instar des groupes et des institutions, les partis sont un sujet des plus importants en science politique, ce d’autant plus qu’ils lui appartiennent en exclusivité.
Ils sont le pivot de la vie politique, mais du point de vue des éthiciens de la politique ils sont l’expression de la division.

La notion de parti est relativement moderne, mais déjà dans la Grèce antique ou durant la Renaissance, on avait des factions.
Plusieurs auteurs ont parlé des partis :

Weber
Il tente, dans la vision de son type-idéal, de cerner l’essentiel et d’établir des différences (qualitatives, temporelles). Il lui semble qu’avant le 19e, on avait presque exclusivement une mobilisation de type féodale, uniquement composée de factions suzeraines. Aujourd’hui, on a un appel au peuple et un recrutement volontaire : cela implique une notion de démocratie et de nombre.

Duverger
Lui essaiera de cerner les partisanisme, en s’inspirant de Weber, mais il creuse un peu plus. Pour lui, en terme de type, le parti dans sa forme moderne est né dans la première partie du 19e aux Etats-Unis et en Angleterre. Le phénomène s’est ensuite propagé, jusqu’à atteindre le Japon à la fin du 19e.
Il note la nécessité d’une origine électorale et parlementaire, car le partis moderne est intimement lié à l’établissement d’une constitution moderne

Ensuite, il y a l’apparition de partis d’origine extérieure au milieu parlementaire (dès le début du siècle) : syndicats (qui donnera le parti travailliste en Angleterre), groupements agraires (donne le parti des agriculteurs en Scandinavie), associations religieuses (origine des PDC, CDU, etc.), et d’autres.

DePalombara et Wiener
Ils publient en 1966 un tome dans lequel 4 critères sont retenus pour cerner l’activité politique moderne :
Organisation durable, qui est capable de survivre à son fondateur. Ainsi, ne sont appelés partis que les groupes qui se maintiennent au minimum pendant 2 à 3 générations.
Organisation locale et nationale, qui permet de passer du groupe parlementaire au parti. Le parti fait le lien entre les deux niveaux.

A propos du Parlement Européen : seuls le PPE et le PSE se sont autoproclamés partis, les autres sont toujours considérés comme des groupes parlementaires.

Volonté d’exercer le pouvoir : important car c’est la clef qui permet de différencier partis et groupes d’intérêt, lesquels n’ont pas de volonté déclarée d’exercer le pouvoir et ne nourrissent pas de lien direct avec ce pouvoir.
Les partis politiques cherchent à gagner des partisans.

On remarque que ces points peuvent s’appliquer à d’autre types de structure collective, par exemple aux religions, etc.

Seiler
Au début des années 1990, il ajoute à le définition de DePalombara et Wiener que le parti s’oppose toujours à d’autres partis : on a toujours une notion de concurrence. De plus, les partis accèdent seuls ou en coalition au pouvoir. Ils ont deux types de justification pour mobiliser les votants : l’intérêt matériel et une notion propre de l’intérêt général. A partir de là, la définition de DePalombara et de Wiener est réduite aux seuls partis


B. LA FONCTION DES PARTIS

Analyse fonctionnelle: on essaie de comprendre le rôle du parti dans le contexte d'une société politique. C'est alors que l'on découvre des fonctions latentes, d'abord invisibles :

3 Fonctions manifestes:
Formation de l'opinion, ce qui veut dire que les partis se donnent la peine d'entrer dans l'argumentation, pour dépasser le simple stade du plébiscite..
Sélection des candidats, qui est une fonction importante. On peut y voir une source d'oligarchie, mais Duverger fait remarquer que la sélection brasse la population des candidats à chaque élection.
Encadrement des élus: la machine des partis continue à fonctionner après les élections: pression sur les élus, information, etc.

5 Fonction latentes:
Conversion entre input et output, et socialisation. Les messages (input) sont clarifiés et il y a une interaction (output) pour leur donner un rôle concret. Easton et Almond parlent aussi de la socialisation en l'étendant à plus qu'une simple formation de l'opinion.
Merton. en partant du fonctionnalisme relatif établit les fonction suivantes:
Humaniser l'assistance aux électeurs.
Importance des privilèges économiques ou politiques: le parti est une interface entre les autorités et les individus. Il a besoin de financement et pour cela il doit former des liens nécessaires entre les deux milieux.
Sert à la mobilité sociale des individus (ascension).

La fonction tribunitienne (Lavau)
Tirée du mot "tribun" (défenseur de la plèbe), qui venaient parler au Sénat, dénoncer la situation du bas peuple, mais ensuite, rien ne se passait: ils ne faisaient que percer l'abcès.
Certains partis ont cette même fonction: ils s'expriment contre l'Etat, mais sans effet aucun (parti communiste français dans les années 70-80, UED, etc.)


C. LES TYPES DE PARTI

Duverger définit deux types:
Les partis de cadres, qui sont issus des groupes parlementaires et qui ont les caractéristiques suivantes:
Ce sont des partis de petite envergure.
Composés souvent de notables (club).
Ils sont assez décentralisés.
Ils respectent l'élu parlementaire.

Les partis de masse, par opposition:
Ont beaucoup d'adhérants.
Sont issus de l'extérieur de la sphère purement politique (syndicats, chrétiens-démocrates, fascistes, etc.)
Ont une structure nettement plus centralisée et très organisée.
Prennent très au sérieux le programme (idéologie) du parti.

Les partis de cadres étant les plus vieux, ils auraient dû disparaître en premier, or ce n'est pas le cas, au contraire, ce sont les partis de masse qui ont beaucoup changé vers une fonction "attrape-tout" (catch-all), qui n'a plus pour cible une population précise et dont le dimension dogmatique a été abandonnée. Il en résulte une multiplication des intérêts, qui les amène parfois à défendre les mêmes intérêts. On a de plus un grand mouvement vers le centre.


D. LES TYPES DE SYSTEME DE PARTIS

Deux types également:
Le type multipartisan: présent dans tous les pays occidentaux, excepté des pays anglo-saxons. Il peut être:
intégral, lorsqu'il existe plus de trois ou quatre partis: Suisse; Parlement Européen pris littéralement (8 groupes parlementaires, dont deux partis: PSE et PPE).
ou modéré, lorsqu'on a deux à quatre partis.

Le type bipartisan: présent dans tous les pays anglophones.

La différence entre ces deux systèmes est tout d'abord historique: Les partis sont le résultat de divisions, qui sont différentes selon l'époque. Dans certains pays, les divisions se sont multipliée, alors que dans d'autres, elles se sont annihilée.
Elle trouve aussi son origine dans des variations techniques du scrutin:
Le bipartisme est caractéristique du scrutin à un seul tour. Le vainqueur est désigné dès le début, donc la coalition est encouragée avant le vote.
Le scrutin à deux tours caractérise le multipartisme modéré, car au premier tour, il n'y a pas besoin de s'associer pour gagner des voix, mais ensuite, cela devient nécessaire.
Le multipartisme intégral est bien entendu l'apanage du scrutin proportionnel. Il faut néanmoins réaliser que la coalition se fait après le vote dans ce système.

Il existe encore d'autres systèmes, tels celui à parti unique, celui à parti dominant ou encore celui à parti hégémonique:

le système monopartisan se trouve dans des pays officiellement multipartisans, mais qui, pratiquement, ne voient qu'un seul parti être élu pendant des années durant. Il est en vigueur par exemple en Inde.



5.3 LES GROUPES DE PRESSION

Ils font la transition entre les populations et les dirigeants.

Ce qui les différencie des partis:
Ils ne cherchent qu'à influencer le pouvoir.
Ils ne sont pas exclusifs, alors que les partis le sont.

On parle de lobbying pour définir l'action des groupes d'intérêt.



5.4 LA COMMUNICATION

C'est un domaine assez flou, dans lequel il convient de se poser les questions suivantes:

Est-ce un phénomène nouveau? Est-ce un phénomène daté?
Dans tous les textes, on retrouve le thème sous différentes formes: transmission d'information le plus souvent. Mais cela n'est que la pointe de l'iceberg, car la communication est un domaine vaste qui englobe l'élaboration en commun, l'approche du consensus, etc. Considérée sous cet angle, la communication est un phénomène très ancien. Ce qui est important, c'est la prise de conscience de cette communication.

Est-ce un phénomène politique?
On conçoit facilement que ce n'est pas le cas, car la science politique l'a abordé tardivement, bien après que d'autres sciences l'ont abordée (sociologie, économie, etc.). Mais pour certains politologues, c'est un élément chargé du sceau de l'imposition, et qui mérite alors toute attention comme élément de pouvoir.

Faut-il voir un progrès ou un danger pour la démocratie dans l'émergence de la communication?
Plusieurs points de vue partagent la réponse à cette question:

Tout d'abord, si l'on considère le journalisme, la communication est un progrès indéniable pour la démocratie. On est aujourd'hui appelé à utiliser la communication plus souvent qu'auparavant, ce qui se fait aux détriments des dogmes, et des armes de persuasion.

D'un autre côté, on voit apparaître la critique de la manipulation (vs. transparence) et du manque de communication, ainsi qu'une spécialisation excessive des métiers de l'image (marketing, relations publiques, etc.) qui peut reléguer les problèmes de fond au deuxième plan.

Où en est la recherche à ce sujet en science politique?

On serait tenté de dire qu'elle est pratiquement nulle car elle a beaucoup souffert de la concurrence des autres sciences sociales, mais ce serait oublier ses approches exclusives, qui lui fournissent des instruments précieux à une analyse différente du thème de la communication. On dénombre principalement quatre de ces approches s'étant approprié le thème.


A. L'APPROCHE BEHAVIORISTE

Lasswell (1936)
Il prétend ne vouloir faire des recherches uniquement dans le domaine réel et rester dans le cadre de l'action humaine. Pour lui, la question du pouvoir se résume à la question suivante: "Qui obtient quoi, quand et comment?", laquelle sera le point de départ de l'étude que Dahl mènera sur la pluralité des sources de pouvoir.

Douze ans plus tard (après la guerre), il va employer à nouveau la même formule, mais cette fois appliquée à la communication: "Qui dit quoi, à qui, par quel canal et avec quel effet?"

Ces deux slogans ont dès leur apparition des effets directs sur le monde de la recherche politico-sociologique.

Lasswell et ses collègues conçoivent la communication comme un processus linéaire:

Emetteur Récepteur

Pour eux, il n'y a que transmission d'information: seul l'émetteur est actif, alors que le récepteur est considéré comme passif.


Cette modélisation sera un point de départ de l'étude sur la communication, mais elle est de loin insuffisante à l'expliquer de manière satisfaisante.

Lazarsfeld et al.
Inspiré par Lasswell, il découvre une élément supplémentaire: le processus ne peut être linéaire car il passe par les relations interpersonnelles et par des leaders d'opinion. Ainsi, le récepteur n'est en aucun cas passif et il y a plus que la simple transmission d'information, car il filtre les échanges.
Lazarsfeld nous fournit là une issue qui permet de sortir du cadre purement béhavioriste.


B. L'APPROCHE SYSTEMIQUE

Easton
Le systémisme mettait en évidence des échanges constants du système avec son environnement (boucle de rétro-action)

Deutsch
Il insiste plus encore sur cette interaction. Mais il réfute le côté mécanique de l'analyse eastonienne. Il préfère une analyse sur l'utilisation de l'information à des fins de gouverner (gestion de l'information et de la communication)


On remarque que les systémistes évacuent complètement le rôle des acteurs. Mais sur le plan des valeurs, ils arrivent à des conclusions qui peuvent servir à l'appréciation démocratique de la communication: il existe en effet des systèmes plus souples que d'autres dans la gestion l'information (par exemple, l'URSS était fort peu souple, ce qui constituait un péril pour son adaptation; l'histoire le montrera). Ils essaient de réfléchir aux conséquences.


C. L'APPROCHE INTERACTIONNISTE

Elle passe dans la problématique inverse, à savoir l'interaction des acteurs. Les interactionnistes accordent de l'importance aux interactions verbales, mais aussi non-verbales. Ils introduisent la notion d'égalité ou d'inégalité entre les différents acteurs , lesquels participant ou non à l'égalisation idéale des deux interacteurs: il est des interactions où finalement l'inégalité est maintenue au travers de mouvements, de comportements, de codes et autres.

On a deux variantes:

L'interaction stratégique:
On tente d'imposer ses préférences (idée de contrainte).
Exemple: Interaction dans le contexte des campagnes électorales.

L'interaction symbolique:
Elle englobe l'interaction stratégique, elle est donc plus vaste que cette dernière.
L'être humain réagit très fortement aux symboles (objet, image, mots): c'est une information évocatrice plus que communicative. Le symbole peut donc avoir un rôle d'identification ou une signification sociale: une drapeau par exemple, ou le tchador.
La définition de l'interaction symbolique est: "l'activité par laquelle les êtres humains interprètent leurs comportements réciproques et agissent sur la base des significations conférées par cette interprétation."
Le symbole se prêtant à de multiples interprétations (étant donné la subjectivité de celles-ci), il y a construction sociale de la réalité.
Exemple: campagnes électorale.


D. L'APPROCHE DIALOGIQUE

Habermas: "La théorie de l'agir communicationnel" (1981)
Il propose tout d'abord une réflexion sur le rapport entre communication et domination. Pour lui, la communication doit être exempte de toute trace de domination pour être légitime. Et pour arriver à cet idéal, qui n'est pas acquis, il faut remédier aux failles du système communicationnel (parole interdite ou détournée, inégalités dans les compétences rhétoriques, etc.).



6. CONCLUSION

Nous concluons ici au travers de deux problématiques d'aujourd'hui:

Faut-il parler aujourd'hui de politique-spectacle?
La polysémie et des espaces de communication limités sont utilisés à outrance. Il faut savoir décoder les symboles pour arriver à une approche critique: faire la différence entre simplification et condensation.


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INTRODUCTION A LA SCIENCE POLITIQUE Prof. C. Mironesco
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