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 REFERENDUM EN SUISSE: Minarets interdits : l'ONU voit une "discrimination vidente"

         
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: 19/01/2008

: REFERENDUM EN SUISSE: Minarets interdits : l'ONU voit une "discrimination vidente"    30, 2009 8:58 pm

REFERENDUM EN SUISSE: Minarets interdits : l'ONU voit une "discrimination vidente"



L'Organisation des Nations-Unies se dit "profondment inquite" la suite du rfrendum sur les minarets en Suisse, dnonant "une restriction injustifie de la libert de manifester sa religion".

Les ractions se suivent et se ressemblent aprs que les Suisses ont cr la controverse en votant dimanche une majorit crasante de 57,5% l'interdiction des minarets l'appel de la droite populiste, qui dnonce un "symbole politico-religieux".
"Les Suisses ont vot avec leurs tripes (...) inspir(s) par la peur, les fantasmes et l'ignorance", dplore la presse suisse et notamment le quotidien genevois Le Temps qui s'inquite d'un "dgt d'image spectaculaire pour la Suisse" dans le monde.
Et pour cause, le rsultat de ce rfrendum a provoqu de multiples ractions.

"Intolrance religieuse", pour l'ONU

La Rapporteur spciale de l'ONU pour la libert de religion s'est montre "profondment inquite" :
"J'ai de profondes inquitudes quant aux consquences ngatives du rsultat de cette votation sur la libert de religion ou de conviction des membres de la communaut musulmane en Suisse", a dclar Asma Jahangir dans un communiqu.
Cette interdiction dans un pays qui compte environ 400.000 musulmans "revient une restriction injustifie de la libert de manifester sa religion et constitue une discrimination vidente l'encontre des membres de la communaut musulmane en Suisse", a-t-elle ajout.
Au lendemain de ce vote --soutenu par le parti de droite populiste UDC, premire formation au parlement fdral--, la Rapporteur spciale de l'ONU a soulign que cette interdiction "nous rappelle qu'aucune socit n'est l'abri de l'intolrance religieuse".
Elle a par ailleurs insist sur le fait que le Comit des droits de l'homme a rcemment prvenu la Suisse qu'une telle dcision est contraire aux obligations de la Suisse en vertu du droit international dans le domaine des droits de l'homme.
"Je demande donc instamment aux autorits suisses (...) de prendre les mesures ncessaires pour protger pleinement le droit la libert de religion ou de conviction des membres de la communaut musulmane", a-t-elle poursuivi, regrettant que les "craintes irrationnelles l'gard des musulmans" aient t "largement exploites en Suisse des fins politiques".

"Des groupes la limite de la provocation", pour le FN

Fait parlant, quelques minutes aprs la divulgation des rsultats officiels, le Front national a t le premier, en France, applaudir ce rsultat par la voix de sa vice-prsidente Marine Le Pen : "A une trs franche majorit, les Suisses viennent de faire mentir les sondages, en refusant massivement l'dification de minarets en Suisse". "Les 'lites' doivent cesser de nier les aspirations et les craintes des peuples europens qui, sans s'opposer la libert religieuse, rejettent les signes ostentatoires que veulent imposer des groupes politico-religieux musulmans, souvent la limite de la provocation", a-t-elle appele.

Marine Le Pen pour un rfrendum en France

Plus tard dans la journe, Marine Le Pen, a rclam l'organisation en France d'un "rfrendum sur le communautarisme", prnant un "vote plus large que celui de la Suisse car ce que vit la France va bien au-del".
"Je souhaite un rfrendum national sur l'immigration et le communautarisme car le problme est plus profond et plus grave que celui du simple minaret", a-t-elle dclar.
"Nos problmes concernent aussi le financement public des mosques, les revendications communautaristes, la question de l'enseignement ou de la nourriture dans les coles, les prires sur voie publique ou les rclamations de jours fris dans les entreprises", a-t-elle numr.
"Il faut poser la question de savoir si la Constitution doit reconnatre les communauts, si nous devons continuer accepter les signes ostensibles d'une religion", a poursuivi la dpute europenne.
Elle s'est galement dclare favorable l'organisation de "consultations locales" dans les municipalits qui prvoient la construction de mosques, en citant le cas de Strasbourg et Marseille.
"Les musulmans ont le droit d'avoir des lieux de cultes, mais deux conditions. Qu'ils ne rclament pas de signe ostensible comme les minarets et que les mosques soient finances exclusivement par les fidles, l'exclusion de tout financement public", a-t-elle prcis.

"Ne pas modifier les rgles d'urbanisme", pour Bertrand

Le secrtaire gnral de l'UMP Xavier Bertrand estime, qu'il faut "bien videmment des lieux de culte" pour l'islam, mais faut-il "modifier nos rglements d'urbanisme pour permettre qu'il y ait des minarets d'une certaine taille?", s'interroge-t-il brivement. "Je ne le crois pas".
En Italie, les responsables du parti populiste anti-immigr de la Ligue du Nord jubilent. Le ministre de la Simplification administrative Roberto Calderoli, peut aussi prtendre au maroquin de la simplification populiste : "La Suisse nous envoie un signal clair : oui aux clochers, non aux minarets". Son collgue Riccardo De Corato, dput du Peuple de la libert (droite, parti de Silvio Berlusconi) et maire-adjoint de Milan, a estim pour sa part que "la trs dmocratique Suisse a donn aujourd'hui une leon l'Italie, en particulier aux militants de gauche qui, si une initiative de ce genre avait eu lieu en Italie, auraient mont des barricades et cri au scandale".
"Je suis satisfait du 'non' contre les minarets en Suisse", a galement affirm le prsident de la rgion Veneto (Vntie, nord)", Giancarlo Galan. Moi aussi "j'aurais vot cent fois 'non'", a-t-il prcis.

"Atteinte la libert religieuse", pour le Vatican

Au Vatican, "Les vques ne sont pas contents". Ils s'lvent contre ce rsultat qui sonne comme un "coup dur pour la libert religieuse et l'intgration", a dclar Mgr Felix Gmr dans un entretien Radio Vatican. "Les gens ont peur de ceux qui viennent de loin, de ceux qu'ils ne comprennent pas", explique-t-il pointant galement "une propagande assez dure".
Cot Musulman, c'est l'affliction. Pour le grand Mufti d'Egypte, Ali Gomaa, "ce rsultat du rfrendum (...) n'est pas une simple atteinte la libert religieuse, c'est aussi une insulte aux sentiments de la communaut musulmane en Suisse comme ailleurs".
Son de cloche identique pour le recteur de la grande mosque de Lyon Kamel Kebtane, qui, dans un communiqu s'indigne d'un tel "vote d'intolrance, tournant le dos aux bases juridiques les plus constantes qui, travers le monde, garantissent la libert de religion".
Plus virulent la principale organisation musulmane d'Indonsie, la Nahdlatul Ulama voit dans ce vote "un signe de haine des Suisses vis vis des musulmans. Ils ne veulent pas d'une prsence de l'islam dans leur pays. Ce rejet les rend intolrants."
Ce vote "reflte l'islamophobie extrme" des Occidentaux a jug pour sa part le Pakistanais Khurshid Ahmad, vice-prsident du Jamaat-e-islami, parti islamique radical sigeant au parlement.
Pour le Jamaat-ud-Dawa, aile publique prsume du groupe arm islamiste pakistanais interdit Lashkar-e-Taba (accus par l'Inde d'avoir perptr les attentats de Bombay), "cette nouvelle dcision viole les principes de comprhension mutuelle et de tolrance religieuse".
Un influent dignitaire religieux chiite libanais, l'ayatollah Fadlallah, a dnonc un vote "destin inciter au racisme contre les musulmans en Occident".

"Un facteur de populisme"

Les Europens ont largement dplor le choix des Suisses, qui ont vot 57,5% l'interdiction des minarets l'appel de la droite populiste, et ne cachaient pas leur crainte face aux consquences d'une telle dcision.
Rsumant un malaise occidental, le ministre franais de l'Immigration Eric Besson a dclar qu'il "ne faudrait pas donner le sentiment de stigmatiser une religion, en l'occurence l'islam".
La prsidence sudoise de l'UE a jug "surprenant" de soumettre un tel sujet rfrendum. "Les Suisses ont un excellent systme de consultation populaire, mais parfois il peut tre utilis d'une mauvaise manire, comme dans ce cas prcis", a jug la ministre sudoise charge de l'Intgration Nyamko Sabumi.
Ce vote traduit la peur d'une islamisation de la socit et "cette crainte doit tre prise au srieux", a nanmoins estim un responsable du parti de la chancelire allemande Angela Merkel, la CDU, Wolfgang Bosbach.
"C'est une expression d'intolrance et je dteste l'intolrance", c'est ainsi que le chef de la diplomatie franaise Bernard Kouchner a comment le vote suisse : "Je suis un peu scandalis par cette dcision" qui "est ngative pour ce qui concerne les inquitudes mme des Suisses parce que si on ne peut pas construire de minarets, cela veut dire qu'on opprime une religion".
Le porte-parole du Parti socialiste Benoit Hamon trouve ce vote est "assez significatif de cette tentation se recroqueviller, se replier sur soi et faire de l'tranger, en l'occurrence le musulman, le bouc-missaire de tous les maux des socits occidentales". "En tout cas, je trouve cette dcision du peuple suisse inquitante".
Pour le secrtaire gnral de la CGT Bernard Thibault le vote suisse est une tentative de dtournement : "en priode de crise, certains partis politiques font leur paradis sur la crainte, la peur de l'autre, de l'tranger, d'une autre religion, au point qu'on peut peut-tre considrer que certains auraient avantage cultiver les oppositions, gnrer (...) des climats qui peuvent s'apparenter certains endroits de la guerre civile, pour qu'on ne s'intresse pas aux questions conomiques et sociales", a expliqu le syndicaliste.
Une analyse que semble partager Le ministre de la Dfense et prsident du Nouveau Centre, Herv Morin : "le rfrendum c'est bien, mais quand le rfrendum devient un facteur de populisme, cela devient plus gnant".
    
http://www.tahalabidi-avocat.fr.gd
 
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