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 Fin de la censure, amnistie gnrale, rforme politique : un air de libert flotte sur Tunis

         
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: 19/01/2008

: Fin de la censure, amnistie gnrale, rforme politique : un air de libert flotte sur Tunis    21, 2011 3:21 pm

Fin de la censure, amnistie gnrale, rforme politique : un air de libert flotte sur Tunis





La librairie Al-Kitab, tout juste rouverte en plein centre de Tunis, attire les badauds qui se pressent devant sa devanture pour dcouvrir, bien mis en vidence, les exemplaires de livres interdits : La Rgente de Carthage, L'Economie de l'obissance, Le Livre noir de la Tunisie...
A l'tage, la propritaire, Selma Jabbes, savoure l'instant et approuve la manifestation qui grossit sous ses fentres pour rclamer la dissolution du Rassemblement constitutionnel dmocratique (RCD), le parti de l'ancien prsident Zine El-Abidine Ben Ali. "Imaginez, dit-il, qu'aprs la chute du mur de Berlin le PC soit rest au pouvoir."

Ayant atteint un peu plus loin leur but - le sige du RCD -, les manifestants entreprennent, ce jeudi 20 janvier, de dmonter l'enseigne de l'imposant immeuble du pouvoir protg par des blinds de l'arme. Prs d'une semaine aprs la fuite de l'ancien chef de l'Etat, la rue, Tunis, maintient la pression pour rclamer la fin d'un parti de 2,5 millions d'adhrents, symbole d'une dictature subie durant vingt-trois ans.

A l'autre bout de la ville, pendant ce temps, le gouvernement provisoire tente cote que cote de maintenir le premier conseil des ministres de l'aprs-Ben Ali. L'quipe n'est pas complte. Dans l'urgence, quelques minutes avant le dbut de la runion, on sollicite encore des candidats. A 12 h 43, le ministre de l'enseignement suprieur, Ahmed Brahim, secrtaire gnral du parti Ettajdid (ex-communistes), sonde Mohamed Bennour, un ancien journaliste, en l'appelant sur son tlphone portable. "J'ai pens toi pour le poste de secrtaire d'Etat l'intrieur", lui confie-t-il. Cinq minutes plus tard, l'intress rpond par SMS : "Je ne suis pas dispos accepter ce poste dans les conditions actuelles."

Pas question de cohabiter avec les ministres de l'ancien rgime qui dtiennent les portefeuilles les plus importants (intrieur, dfense, affaires trangres, conomie...).

L'un d'entre eux, Zouheir M'dhaffer, charg du dveloppement administratif, et considr comme l'architecte de la rforme de la Constitution de 2002 qui avait supprim la limitation des mandats prsidentiels et permis l'ex-prsident Ben Ali de se maintenir au pouvoir, a prfr dmissionner.

Le blogueur Slim Amamou, promu secrtaire d'Etat la jeunesse et aux sports, continue, lui, d'informer en temps rel, sur son compte Twitter, les internautes du contenu du conseil. "C'est jouissif, raconte-t-il, d'couter le ministre de la justice lire le mandat d'arrt commenant par le nom de Ben Ali."

"Ils ne se rendent pas compte de l'ampleur du rejet, soupire le secrtaire gnral du parti Forum dmocratique, Mustapha Ben Jaafar, ministre dmissionnaire de la sant. Il faut un gouvernement de rupture."

Sur les murs de la capitale, les graffitis ont fait leur apparition : "Un Parlement, pas de prsident" ou encore "Mort au RCD".

MESURES D'APAISEMENT

Partout, les cellules professionnelles du RCD sont appeles disparatre. Les assembles gnrales se multiplient et les employs chassent les patrons coupables de s'tre compromis avec l'ancien rgime. Le PDG de la compagnie arienne Tunisair, Nabil Chettaoui, dont le nom figure dans un livre charge sur la famille Ben Ali, a prfr prendre les devants.

Par mail, il a fait passer ce message : "Eu gard aux vnements, M. le prsident-directeur gnral est la disposition de toutle personnel de la compagnie pour rpondre personnellement et individuellement toutes les questions (...) concernant toutes les dcisions qui ont t prises lors des quatre annes de sa gestion la tte de Tunisair."

Sans hsiter, un salari a rpondu : "Je suis surpris que M. le PDG se soucie subitement de ce que pense ou attend le personnel. (...) Nous ne sommes pas habilits juger sa gestion. (...) Des commissions d'enqute seront formes cet gard."

Pour calmer les esprits, le gouvernement de Mohammed Ghannouchi a annonc une srie de mesures : restitution l'Etat des biens mobiliers et immobiliers du RCD ; deuil national de trois jours en mmoire des manifestants tus par la police ; amnistie gnrale pour tous les prisonniers politiques ; commissions d'enqute sur la rforme politique, le bilan des victimes ainsi que sur la corruption.

Mais dans sa librairie, Selma Jabbes n'oublie rien. Elle raconte la censure, le visa du bureau des affaires politiques du ministre de l'intrieur qu'il lui fallait obtenir pour chaque livre import, les visites de "brigades" en civil pour espionner.

"J'ai t convoque une fois au ministre pour signer un document nous interdisant d'importer des livres pouvant faire du tort aux intrts de la Tunisie, se rappelle-t-elle. Ils avaient trois botes d'archives de rapports sur nous."
Isabelle Mandraud
    
http://www.tahalabidi-avocat.fr.gd
 
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