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Admin


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: 19/01/2008

: : :     11, 2011 11:29 am

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A la Haute Attention de l'admin du Web Tunisia. Je mappelle Karim Ben Brahim, tunisien g de 39 ans, ancien fonctionnaire de lambassade de la Tunisie Londres (de 2006 2009), originaire de la ville ctire de Hammam Sousse, mari et pre de deux garons gs respectivement de 5 et de 12 ans. Je vous cris cette lettre pour vous raconter mon clavaire sous la dictature de lancien dirigeant tunisien Ben Ali, tout en esprant pouvoir vous faire couter un cri de dtresse dun homme qui sest vu sacharner sur lui et sur sa famille les foudres dun rgime totalitaire et sanguinaire.

Jai t, par les obligations de mon travail, souvent amen soccuper des membres de lancienne famille rgnante et de leur servir de guide lors de leurs passages la capitale britannique. Parmi ces personnes, une figure du premier plan du clan Ben Ali savoir son gendre (mari de sa fille aine Nesrine issue de son deuxime mariage avec son actuelle pouse Leila Trabelsi) : Sakher El Materi, 30 ans, un trs prospre homme daffaire et un personnage trs influent, dsign par les observateurs pour tre le dauphin et possible successeur de monsieur Ben Ali. Actuellement, et suite la rvolution tunisienne, monsieur Materi semble avoir lu domicile Doha, la capitale qatarie. Objet dun mandat darrt international mis par les nouvelles autorits tunisiennes, il semblerait avoir pu obtenir le statut de rfugie politique au Qatar.

Mon histoire avec monsieur Materi, a commenc un jour de lanne 2008, o de visite Londres, il sollicita mon aide pour crer, sous son propre nom, un compte sur le rseau communautaire mondial de Facebook, sous prtexte de vouloir enregistrer ladresse IP du compte en dehors de la Tunisie et dchapper ainsi la vigilance des services policiers tunisiens la solde de propre femme ( via son pre, lex prsident ben Ali), celle-ci tant, pour des raisons que je devrais mconnaitre, totalement oppose ce que son poux , monsieur Materi, ait un compte Facebook en son nom. Jai t amen videmment, ntant pas dans une position de pouvoir discuter les instructions de monsieur Materi, excuter la mission en lui dlivrant aussitt cre, le mot de passe ncessaire pour accder son compte Facebook. Quelques mois passs, Sakher el Materi, mappela depuis la Tunisie pour mordonner de me connecter, partir de Londres, au compte afin de le dsactiver : sa propre femme stant mise au courant de lexistence dun profil propre son mari sur la toile. Aussitt le compte cltur, monsieur Materi me rappela pour mordonner de me livrer aux services de scurit de lambassade et de signer un papier officiel en termes duquel, je reconnaitrais avoir cre ce mme compte Facebook et ce, compltement linsu de lintress lui-mme !!! Ce que jai videmment, refus de faire, tant compltement contraire la vrit et au droulement rel des faits.

De retour en Tunisie pour mes vacances annuelles, le 03 Fvrier 2009, un comit daccueil spcial mattendait 23 heures exact heure locale, sur le tarmac de laroport de Tunis Carthage : je fus kidnapp, tte encagoule, par trois sbires de la police de monsieur Ben Ali et emmen manu militari au sige de la suret de ltat (police politique) annex au btiment du ministre de lintrieur sis lavenue Habib Bourguiba Tunis. Pendant ce temps l, ma famille tant alerte par moi-mme de mon dpart de Londres et de mon arriv Tunis, est rest sur place laroport trs inquite de mon trange disparition .

Arriv aux sous-sols du sige de la police politique, un calvaire de quatre jours commena aussitt : je fus compltement dvtis, accroch au plafond dans la fameuse position du poulet rti (voir lannexe joint cette lettre), frapp sur tout mon corps jusqu ce que je perdais connaissance, priv de la nourriture, inond par moment par leau glace et ayant subi des tentatives de viol et des menaces de menfoncer des matraques dans lanus. La pression morale, les insultes et les menaces de mexcuter personnellement ou de viser physiquement ma femme et mes deux enfants taient videmment au menu quotidien. On me tortura pendant quatre jours et quatre nuits sans mme me dire ce quon me reprochait !!

Je le sais maintenant, postriori, la torture et les svisses que jai d subir (en prsence dailleurs dun mdecin dont la mission tait de garantir que je ne succombais pas mes blessures et de permettre mes tortionnaires de prolonger le plus longtemps possibles mon calvaire !!!) ntait quune prparation de ce qui mattendais la suite : emmen dans le bureau personnel du Directeur De la Suret Nationale (de facto, ayant sous sa tutelle toutes les forces de lordre du pays : police, garde nationale, police politique), ce dernier ma agress verbalement et physiquement (il ma gifl plusieurs reprises et ma frapp avec une chaise sur le dos alors que jtais menott et bien gard par ses sbires) avant de mordonner de reconnaitre mon crime : avoir cre un compte Facebook au nom de monsieur Sakher El Materi, gendre du Prsident Ben Ali, toujours son insu !!!Ctait la premire fois depuis quatre jours et aprs ce long calvaire entre les mains des sbires du rgime dictatorial que je savais enfin ce quon me reprochait !!!

Jai beau dit et insist sur la vrit et sur le droulement des faits tels que je le savais, car la vrit, il y en avait quune seule : jai cre un compte Facebook au nom de monsieur Materi sur un ordre personnel de lintress lui-mme, il tait au courant de tout, ds le dbut, jai simplement agi pour rpondre une demande ayant man de sa propre volont : personne des mes tortionnaires ne voulait mcouter. On voulait cote que cote me faire signer un procs verbal reconnaissant les faits (selon leur version), chose quils nont pas russir obtenir. Jai refus dabdiquer en dpit de leurs menaces de minculper dans une affaire de trafic de stupfiants. On prtendra la saisie dun Kilo de cocane dans tes bagages me menaait-on.

On me demanda aprs de consigner sur papier les noms de toutes mes connaissances parmi les natives de ma ville natale et on me prcisa quon voulait les noms de personnes de sexe masculin . Au mme moment un officier ma demand de lui fournir le numro de mon pouse quil a appel en ma prsence sous prtexte de lui fixer un rendez-vous dans une des stations bus de la capitale afin de lui remettre mes effets personnels. Il se limitera en la rencontrant lui signifier que jtais noy dans une affaire trs grave .

On me ramena le lendemain, une personne issue de ma ville natale, laquelle je la connaissais peine et probablement pas rencontr depuis au moins une dizaine danne, un homme qui sappelle Maher Lahwar, on le mit devant moi et on nous dit tous les deux : voil, on vous a attrap, la veille, tout les deux en flagrant dlit entrain davoir une relation de nature homosexuelle dans un parc public sis la capitale Tunis !!

Le pauvre garon, tait videmment bien prpar pour reconnaitre les faits : connu pour tre quelquun danalphabte et de simple desprit, il a t kidnapp devant un caf par la police et emmen illico presto de Hammam Sousse jusqu Tunis (des tmoins oculaires attesteront de tout ceci). Il a t menac et contraint de choisir entre le fait dtre inculp dans une affaire de consommations de stupfiants (car il en avait un antcdent) ou de reconnatre les faux faits du parc. Sous la contrainte physique (lui aussi a t maltrait) et morale (menac de sen prendre physiquement ces deux enfants) il a fini par reconnaitre, devant ma plus grande stupfaction, des faits qui videmment nont jamais eu lieu.

Pass devant le juge pour un procs expditif au terme duquel jai t condamn six mois de prison ferme par un magistrat, qui juste rappel vient dtre rcemment (aprs la rvolution du peuple tunisien) avec cinq autres de ses pairs, radi dfinitivement des rangs de la magistrature pour faits de corruption et de connivence avec le rgime du dictateur dchu. Monsieur Lahwar a beau expliqu au juge avoir reconnu les faits sous contrainte, les tmoins ont beau jur avoir vu les policiers kidnapper le pauvre garon de Hammam Sousse, ma famille et mon passeport attestaient bien de mon arrive de Londres le 03/02/2009 et de ma disparition pendant 4 jours, mes avocats ont beau point les irrgularits dans le dossier : on ne voulait couter personne ni faire valoir la logique ou la raison (un pre de famille qui rentrait dun long voyage, en manque cruel de sa famille et de ses deux enfants, qui au lieu de courir leur rencontre, se permette le luxe dune aventure sexuelle dans un parc public !!!). Passe ltape de la premire instance, ma requte devant le tribunal dappel fut son tour rejete.

Pass quatre mois et demi demprisonnement, jai t libr en juin 2009 sous le rgime conditionn, mon calvaire ne sest pas arrt ce stade, je faisais depuis, lobjet dune mesure administrative arbitraire dinterdiction de voyage (je me trouve donc dans une incapacit totale de rintgrer mon poste de travail Londres), je devais composer aussi avec les mesures policires de surveillance de tous mes dplacements et dcoute sur mes communications tlphoniques. A ce jour, je suis un homme bris, priv de son travail et un pre de famille peinant subvenir aux besoins des ses deux gosses vivant le jour au jour grce, en grande partie, la charit des uns et des autres de mes connaissances.

Je vous ne cache pas, Monsieur, que lavnement de la rvolution de mon peuple et le dpart du dictateur, ma donn grand espoir et a fait renaitre en moi une lueur aussi infime quelle pouvait ltre, pour faire valoir la vrit, pour me rtablir dans mes droits humains les plus fondamentaux, pour voir enfin, se redessiner un sourire de joie sur le visage de mon ain, qui, je le sente bien et jen souffre cruellement, peine composer avec le pre bris que je le suis.

Cette lueur despoir, sest vu vite tre dissipe, si phmre quelle la t. Quoique, jai pu et pour la premire fois, porter plainte devant la justice de mon pays nommment contre monsieur Materi tant le principal commanditaire et instigateur de mon affaire et contre mes tortionnaires de la police politique, je me trouve aujourdhui confront une sorte de mur infranchissable dune quelconque omerta nationale et un fort lan corporatiste au sein de lappareil judicaire de mon pays qui ne semble tre libr du joug de la dictature et de la corruption qui le gangrnent. On me la indirectement signifi : tu ne pourras aller trop loin dans ton affaire ni esprer grand-chose !!

Si je vous cris aujourdhui, cest pour pousser un dernier cri de dtresse, un ultime appel laide. Seul et dmuni, jen suis conscient que je mne dans mon propre pays une bataille perdue davance. Je ne peux ce stade que me tourner vers votre bienveillance et vers la justice pour faire valoir la vrit et obtenir condamnation de mes tortionnaires et tous ceux qui ont uvr me dtruire, me rduire au nant et ter mes deux fils leurs droits les plus fondamentaux, leurs raisons dtres : leur innocence et leur joie de vivre.

Sachez-bien Monsieur, quen vous crivons cette lettre, je tente mon ultime recours. Un dernier espoir qui me redonnera peut tre confiance que justice sera faite sur terre. Rpondez, je vous-en implore, la dtresse de toute une famille et celle de deux enfants qui ont tous souffert de la pire des injustices.

Aidez-moi, je vous-en conjure.

Je resterais, Monsieur, totalement votre disposition pour vous fournir, ventuellement tout autre renseignement qui vous sera ncessaire et pour rpondre toutes vos questions. Je tenais prciser aussi que ma propre histoire a t relate par la presse (et ce depuis mon arrestation et ma condamnation en 2009) grce notamment au courage de journalistes honntes qui nont pas hsit braver la dictature, jen citerai le journaliste franais, Monsieur Nicolas Beau spcialiste de la question tunisienne et le journaliste et dissident tunisien de lpoque, Monsieur Slim Bagga.

Ceci tant, je vous prie, Monsieur, de croire lexpression de ma plus haute considration

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