. . . .        

 | 
 

 Tunisie Linjustice tait moins criarde sous Ben Ali

         
/
Admin


: 5079
:
: 5321
: 19/01/2008

: Tunisie Linjustice tait moins criarde sous Ben Ali    22, 2012 12:42 pm

Tunisie Linjustice tait moins criarde sous Ben Ali



La Tunisie a fait une rvolution pour rtablir la justice. Deux ans aprs, la situation de celle-ci semble empirer. Deux salafistes sont morts en prison, suite une grve de la faim, demandant lacclration des procdures. Danciens ministres de lancien rgime ont dpass largement les dlais lgaux de dtention. Un producteur dune chane de tlvision qui drange le nouveau pouvoir, demeure en dtention abusive, malgr lordre de libration mis par un juge.
Sous la houlette de Noureddine Bhiri, la justice tunisienne va de plus en plus mal. Ses prdcesseurs, ministres de la Justice sous Ben Ali, savaient monter et maquiller des affaires pour maintenir en prison leurs adversaires politiques. Avec ce nouveau rgime, on ne se donne mme plus ce mal.

Rappelez-vous les anciens militants des droits de lHomme qutaient les Moncef Marzouki, Imed Dami, Abderraouf Ayadi, Sihem Ben Sedrine, Mohamed Abbou, Tahar Ben Hassine, Ahmed Njib Chebbi, Mokhtar Yahiaoui
Pendant des annes, ils ne cessaient de dnoncer la dictature et linjustice de Ben Ali. Une fois Ben Ali parti, en toute logique, ils devraient continuer le travail et surveiller de prs lvolution du pays pour ne plus laisser place la dictature et linjustice. Est- ce quils le font ?
Moncef Marzouki occupe le trs confortable poste de prsident de la Rpublique et a (concrtement) tourn le dos ses propres principes de droits de lHomme, en vertu desquels il aurait dnonc les dtentions abusives que lon voit aujourdhui.
Imed Dami, la prsidence est devenu muet comme une carpe.
Le juge Mokhtar Yahiaoui est aux abonns absents.
Mohamed Abbou sest de nouveau cousu la bouche et ne dnonce certains abus que du bout des lvres.
Abderraouf Ayadi soccupe dsormais de sa carrire politique la tte du parti Wafa. Pendant ses heures de repos, il sadonne son nouveau sport favori : la chasse aux espions du Mossad qui rdent dans sa tte.
Sihem Ben Sedrine est, dsormais, dans les affaires. Elle est la tte de la radio Kalima avec, pour associ, un des proches de Moncef Marzouki et homme daffaires qui a bien profit du systme injuste de Ben Ali.

Tous les anciens dfenseurs des droits de lHomme et des liberts ne sont pas logs la mme enseigne.
Tahar Ben Hassine a beau avoir lanc une chane de tlvision, il continue dfendre la cause. Pour Sami Fehri, il entend mme observer une grve de la faim, en guise de soutien.
Ahmed Njib Chebbi a beau tre concentr sur sa carrire politique, il continue rappeler les fondamentaux et dnoncer les injustices.

Les cas dinjustice existent. Pourquoi donc ne dnonce-t-on plus ces cas, bien quils soient criards ?
Une ONG internationale est en train dlaborer un srieux et long rapport sur la situation des prisons tunisiennes. Il devrait tre publi en janvier et, selon nos indiscrtions, il devrait signaler des centaines de cas de personnes injustement emprisonnes.
Sous le prtexte de la rvolution et du sempiternel le peuple exige et les sbires de lancien rgime doivent sestimer heureux quils naient pas t pendus sur la voie publique , la Tunisie nouvelle est en train de malmener limage mme de la justice. Les figures du nouveau rgime sont en train de rgler leurs comptes avec leurs anciens adversaires dans un esprit odieux de revanche.

Le cas de Sami Fehri est le plus clbre, mais il nest pas le seul. Plusieurs parmi les anciens proches de Ben Ali sont dtenus depuis plus de 14 mois, dlai lgal de dtention.
Ridha Grira, ancien ministre de la Dfense sous Ben Ali, accus pour des affaires portant sur la priode o il a occup les fonctions de ministre des Domaines de l'État et des Affaires foncires, est dtenu depuis le 20 septembre 2011. Abdelwaheb Abdallah, ancien ministre conseiller auprs du prsident de la Rpublique, objet dune instruction pour des charges lies ses activits et ses responsabilits partisanes, est dtenu depuis le 11 mars 2011. Mongi Safra, ancien conseiller du prsident de la Rpublique, charg des affaires conomiques, considr comme larchitecte des montages conomiques douteux au profit de la famille Ben Ali, est en dtention depuis le 31 mai 2011. Mohamed Ghariani, ancien secrtaire gnral du RCD, accus de dtournement dargent dans le cadre de ses responsabilits dans ce parti, est dtenu depuis le 11 avril 2011.
Sachant quune dtention provisoire ne peut, si on appliquait la loi, dpasser de tels dlais, linjustice semble aller bon train, dans le pays de la justice transitionnelle.

Le ministre de la Justice continue les pratiques de lancien rgime, dans un dni total des lois ou alors en jonglant avec les dlais et en lanant dautres poursuites lencontre des dtenus afin de prolonger leur dtention provisoire.
Il faut dire que lesdites pratiques du dpartement de la Justice ont t, quelque peu, facilites par ltat de la magistrature en Tunisie de laprs lections du 23 octobre 2013. En effet, profitant du retard dans la mise sur pied de lInstance suprieure provisoire de la magistrature, des divisions assez profondes entre les juges, eux-mmes, et de certains dossiers prsums de corruption, laisss sciemment, entrouverts , le ministre et son cabinet parviennent imposer leurs lois.
Dailleurs, les observateurs sont persuads quun corps de magistrature, uni, solidaire et exerant dans un climat sain et transparent, naurait jamais permis ni tolr ce genre de pratiques car cest, justement, ce corps qui se trouve le plus touch par cette situation.

Notons que Sami Fehri, demeurant en prison malgr son ordre de libration, a entam depuis hier, mardi 18 dcembre, une grve sauvage de la faim pour dnoncer linjustice dont il fait lobjet. Il a adress une lettre au ministre de la Justice, Noureddine Bhiri, pour le fliciter davoir bris ses aspirations un jugement quitable et de lavoir, ainsi, ananti.
Une commission spciale compose du plus clbre prisonnier politique, Ali Ben Salem, et plusieurs dfenseurs de droits de lHomme et hommes de mdias a t cre pour dfendre le cas de Sami Fehri. Ils prvoient des rassemblements devant le ministre de la Justice et devant la prison de la Mornaguia pour dnoncer ces abus que la plante entire croyait rvolus en Tunisie.

Nombreux sont les cas dinjustice rattachs, paradoxalement, au ministre de la Justice. Nous ne pouvons les lister exhaustivement et le choix des dossiers voqus nest nullement subjectif.
Les injustices au temps de Ben Ali taient elles aussi nombreuses, mais moins flagrantes et plus maquilles.
Aujourdhui, et sous une Troka mene par danciens militants, danciens perscuts et danciens dfenseurs des droits de lHomme, linjustice continue tre pratique. Elle est criarde et flagrante et beaucoup moins dissimule.
Dernier paradoxe, cest un parti islamiste qui crie, sur tous les toits, dfendre les nobles valeurs de lislam qui est responsable de ces injustices !

Ins Oueslati Raouf Ben Hdi
    
http://www.tahalabidi-avocat.fr.gd
 
Tunisie Linjustice tait moins criarde sous Ben Ali
          
1 1

:
 :: 2- -